Mobilité douce

Le vélo en libre-service, un investissement rentable pour les villes françaises

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Une nouvelle étude d'Ernst & Young réalisée pour EIT Urban Mobility et Cycling Industries Europe révèle que le vélo en libre-service (VLS) génère des retombées économiques et sociales considérables.

Santé, climat, économie locale : les vélos en libre-service (VLS) s'imposent comme l'un des piliers de la mobilité urbaine durable. C'est la conclusion d'une étude inédite menée par Ernst & Young (EY) pour EIT Urban Mobility et Cycling Industries Europe (CIE), publiée en octobre 2025. Derrière ces chiffres, le constat est clair : le vélo partagé n'est plus un service d'appoint, mais un investissement rentable pour les villes françaises.

Un secteur en pleine expansion

La France, pionnière européenne du vélo partagé depuis le lancement de Vélib' à Paris en 2007, compte aujourd'hui plus de 120 000 vélos en libre-service répartis dans près de 80 agglomérations. De Lyon à Bordeaux, de Nantes à Toulouse, ces systèmes sont devenus des éléments essentiels du quotidien urbain. L'étude estime que la France représente près de 20 % des bénéfices économiques et sociaux générés par les VLS en Europe, soit environ 60 millions d'euros par an. Ces gains se traduisent par des économies de santé publique, une baisse de la congestion routière et des émissions polluantes, ainsi qu'une amélioration de la qualité de vie. « Les vélos en libre-service ne sont plus un gadget urbain, mais un service public moderne, au même titre que le bus ou le tramway », explique Maria Tsavachidis, directrice d'EIT Urban Mobility.

Des bénéfices multiples et mesurables

Les chiffres sont parlants. Chaque année, les systèmes européens de vélo en libre-service permettent de réduire les émissions de CO2, mais également les cas de maladies chroniques. L'usage des VLS en Europe par exemple prévient près de 1 000 cas de ce type de maladie (cancer, maladies cardiovasculaires, diabète, cas de démence), générant dans le même temps 40 millions d'euros d'économies pour la santé publique. Les bienfaits sont visibles à toutes les échelles. « Les villes qui soutiennent les VLS réduisent leurs coûts de transport, dynamisent le commerce de proximité et attirent de nouveaux habitants », explique Arnaud Collin, consultant mobilité chez EY France. De plus, le développement du vélo électrique a largement diversifié les usages. À Paris, près de la moitié de la flotte est désormais à assistance électrique, tandis qu'à Marseille, Montpellier ou Grenoble, les systèmes récents sont entièrement composés de VAE. Cette évolution continue rend le vélo en libre-service plus accessible et adapté à tous les publics.

Quel avenir ?

Comme le détaille l'enquête européenne, le vélo en libre-service progresse avec de belles perspectives. Cependant, l'évolution se fera uniquement si les villes intègrent le vélo partagé comme une vraie stratégie de mobilité. Plusieurs grandes villes européennes ne possèdent pas encore de système de VLS. D'ici 2030, les flottes devraient augmenter, avec près de 230 000 unités disponibles. Les bénéfices pourraient également tripler ; près d'un milliard d'euros au niveau européen. Trois axes sont donc à privilégier pour obtenir une mobilité partagée structurée : une meilleure cohabitation entre les VLS et les transports publics (stations vers les gares par exemple), et des infrastructures cyclables sécurisées et continues, un soutien financier stable.

publié le 21 novembre à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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