Le vélo en libre-service s'installe aussi à la campagne
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Accessible en métropole, le vélo en libre-service est moins populaire en zone rurale. Les choses sont pourtant en train de changer.
On l'observe à tous les coins de rue, de Paris à Lille, en passant par Lyon, Marseille ou encore Bordeaux. Le vélo en libre-service garnit les aires urbaines et doit sa popularité aux opérateurs privés comme Lime, Dott, Tier et bien d'autres qui ont bâti leur modèle économique dessus. Outre ces sociétés, les villes elles-mêmes proposent leur service, notamment les Vélib' parisiens. Si le vélo, musculaire ou électrique, est fortement utilisé en ville, il l'est beaucoup moins à la campagne. Faute de moyens. Pourtant, les communes les plus reculées tentent d'attirer les usagers vers ce mode de transport.
Équiper les gares
La problématique des déplacements en zone rurale ne date pas d'hier. Quitter son domicile peut vite devenir compliqué. Pour les usagers qui prennent le train, la solution consiste parfois à emporter leur propre vélo afin de rejoindre leur lieu de travail. D'où l'idée d'équiper les gares de vélos en libre-service. C'est ce qui se met en place actuellement dans le Grand Est. « Beaucoup de gens ont une gare à proximité de chez eux, mais ne prennent pas le train car, une fois arrivés à destination, ils n'ont pas de solution pour effectuer le dernier kilomètre », explique le président du conseil régional. Pour répondre à cette difficulté, un investissement de plusieurs millions d'euros a été décidé. Le projet prévoit, d'ici la fin de l'année, l'installation de 500 vélos dans 52 gares de la région, notamment à Colmar ou Sedan.
Encourager la pratique du vélo à petit prix
Il faudra se serrer les coudes pour répondre aux attentes de l'État. D'ici 2030, la stratégie est d'obtenir 12 % de part modale de vélo en France. On entend par ce terme les usagers qui utilisent le deux-roues comme mode de déplacement prioritaire. Actuellement, ce pourcentage n'est que de 3 %. Mais les efforts accomplis jusqu'ici par les communes portent leur fruit. Dans certaines communes, le service est même gratuit pour les moins de 26 ans. Moins de voitures, moins de pollution et des économies réalisées. Dans les gares du Grand Est, il est par exemple possible de louer un vélo électrique à une borne pour une durée de 14 heures au prix de 6 €. Les abonnés ont même droit à une réduction, en ne payant que 3 €. Tout le monde y retrouve son compte et cet accès facilité plaît aux usagers. « C'est quand même plus rapide qu'à pied », expliquent des adolescents qui utilisent ce service. Le vélo en libre-service semble s'exporter de plus en plus sur le territoire. De bon augure pour en faire un mode de transport prioritaire en France.
publié le 3 octobre à 07h00, Thibaut Simon, Media365