Mobilité douce

La Seine peut-elle devenir un axe de transport public ?

L'arrivée de Paris 2024 (26 juillet - 11 août) repose la question du transport fluvial dans la capitale.

Les Franciliens pourront-ils utiliser leur passe Navigo pour voyager sur la Seine ? Alors que les Jeux olympiques de Paris 2024 débuteront le 26 juillet prochain, le fleuve qui traverse la capitale sera au cœur des attentions. Tout d'abord parce qu'il est un carrefour important d'un point de vue touristique et commercial. Ensuite, parce que la cérémonie d'ouverture aura lieu sur la Seine avec plus de 200 embarcations lâchées sur l'eau pour un spectacle exceptionnel.

Voyager sur la Seine au même titre que le métro ?

Les Jeux olympiques de Paris 2024 pourraient avoir un impact direct sur l'utilisation de la Seine comme voie de transport public. Aujourd'hui, Paris compte 58 entreprises de bateaux de promenade, dont les célèbres Bateaux-Mouches. L'an passé, ils ont transporté 10 millions de passagers. Preuve de l'attractivité du fleuve dans l'offre touristique. Mais pourrait-on aller plus loin au même titre que d'autres villes françaises ? À Lorient, Toulon, Nantes ou encore La Rochelle, des dessertes maritimes sont proposées.

Projet Voguéo

À Paris, des projets ont déjà été proposés. Le dernier en date, c'est celui de l'entreprise Voguéo. Une liaison fluviale entre la gare d'Austerlitz et Maisons-Alfort (Val-de-Marne) de 35 minutes avait été expérimentée entre 2008 et 2011. Une extension devait avoir lieu vers l'ouest pour 2013, sauf que le projet est tombé à l'eau... faute de budgets. Aujourd'hui, Batobus est l'offre qui relie des embarcadères vers les principaux monuments de la capitale. Le ticket est à 23 € la journée ; une réduction de 5 € est proposée pour les détenteurs d'un passe Navigo. Sauf que l'offre doit séduire principalement les touristes.

Des problèmes identifiés

Concevoir la Seine comme un réel axe de transport public est loin d'être un projet simple. Respect de l'écosystème, pollution, plusieurs problèmes surgissent. Mais c'est surtout la géographie qui prend le dessus. L'intérêt d'un transport public à Paris n'a de sens que sur un périmètre de 30 km au cœur de la capitale. De plus, la vitesse pose problème. Les petites vagues des bateaux provoquent une dégradation des berges. C'est pourquoi une vitesse maximale de 12 km/h dans Paris et 18 km/h en banlieue est autorisée. Face au métro, au bus ou au tram, les bateaux parisiens sont encore loin de faire l'unanimité. En attendant de voir l'arrivée du « bateautaf », les Franciliens profiteront sûrement du vélo cet été.

publié le 23 juin à 09h20, Thibaut Simon, Media365

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