La France fait face à une pénurie de chauffeurs Permis D

La France fait face à une pénurie de chauffeurs Permis D©Shutterstock, Media365
A lire aussi

, publié le 12 mai

Et si les cars de transport disparaissaient à cause d'un manque de personnel ? C'est le triste constat fait par la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV). Il manquerait dans l'Hexagone près de 8 000 conducteurs.



La situation est assez délirante, mais pourrait bientôt inquiéter un grand nombre de départements. Le secteur du transport de personnes est touché par un manque cruel de chauffeurs. Quelles sont les raisons qui peuvent expliquer ce fléau ?

Devenir conducteur d'autocar, c'est tout d'abord être titulaire du permis D. Ce titre permet le transport de plus de huit personnes et est utilisé par les chauffeurs de cars scolaires et de transport en commun notamment. Pour obtenir ce permis, il faut tout d'abord être titulaire du permis B, être apte à la conduite et avoir 24 ans, sauf si une formation professionnelle est effectuée par le conducteur du type CAP, bac pro etc.

La durée de validité du permis D est de cinq ans pour les conducteurs de moins de 60 ans et d'un an pour ceux âgés de 60 ans ou plus. Problème, ces personnes manquent à l'appel en France.

Des raisons administratives

Une fois l'épreuve du permis D effectuée, il faut ensuite recevoir le fameux sésame. C'est l'ANTS (Administration chargée de délivrer les permis de conduire), qui s'occupe de fournir le document permettant la conduite. Si dans les faits, un délai de 25 jours est à prévoir, certaines régions et chauffeurs attendent, alors que les cars sont prêts à démarrer.

Dans le Finistère, les délais atteignent 67 jours... Si les chauffeurs ont réussi l'examen, ils doivent attendre l'officialisation pour conduire de la part de l'ANTS. Une situation qui oblige les entreprises de cars à trouver d'autres solutions. Dans la pratique, une fois votre permis B obtenu, vous pouvez conduire en possédant un titre provisoire. Or, ce n'est pas le cas pour le permis D. Pour Alain Roué, vice-président de la FNTV Finistère, « c'est une aberration ».

Manque de candidats formés

Autre problématique : le coût financier de l'attente. Les candidats qui passent le permis D ne peuvent pas attendre plus de deux mois avant de pouvoir travailler. Certains prennent la décision de se tourner vers une autre formation.

En 2022, 17 000 projets d'embauche de conducteurs étaient annoncés par Pôle Emploi. Cependant, 80 % n'ont pas abouti, faute de candidats. Avec deux millions d'élèves à transporter chaque jour pour aller à l'école, la situation doit faire l'objet d'une anticipation de la part des communes et des sociétés. La crise du Covid-19 et la montée du télétravail ont été des facteurs amenant les candidats à délaisser la profession de chauffeur, quand celle-ci n'attend que du personnel à former.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.