L'avion peut-il concurrencer le train et la voiture en France ?
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Avec le retour de l'avion entre Limoges et Paris, la question des vols intérieurs ressurgit. Plus rapide que le train, parfois plus cher et nettement plus polluant, l'avion peut-il vraiment rivaliser avec le rail et la route en France ?
Le débat revient sur la table depuis plusieurs semaines. Sur le territoire français, l'avion peut-il réellement tirer son épingle du jeu face au train ou à la voiture, que ce soit en termes de coût ou de temps de trajet ? La question se pose notamment à Limoges, où les habitants ne bénéficient plus pleinement, depuis le début de l'année, de la liaison ferroviaire avec Paris. En raison de travaux, le trajet Limoges-Paris s'effectue actuellement en train Intercités, pour une durée comprise entre 3h30 et 3h45, et un prix moyen de 45 €. C'est dans ce contexte que l'avion reprend un créneau disponible !
Quand l'avion séduit
Un prix compétitif (environ 100 € l'aller-retour) et un temps largement inférieur au train (1h10), la liaison Limoges-Paris proposée par la compagnie espagnole Volotea revole depuis le 16 février dernier, près de trois ans après sa fermeture. Cette offre aérienne attire pour l'instant une clientèle qui privilégie le temps de voyage global et le coût immédiat. Cette solution, présentée comme un « pont aérien », doit désenclaver la région comme le mentionnent les élus, et servir de plan B, le temps que les transports ferroviaires renaissent de leurs cendres. Mais l'avion peut-il s'imposer durablement sur des vols intérieurs court-courriers ? Si la question écologique se pose, la loi française sur le climat avait interdit en 2023 ces vols, lorsqu'une alternative existe sur les rails en moins de 2h30.
Quand le train surclasse l'avion
Dans d'autres grands axes de l'Hexagone, le train demeure imbattable. Sur les liaisons où les lignes à grande vitesse sont bien développées - Paris-Lyon, Paris-Bordeaux ou Paris-Nantes - le temps de trajet « porte à porte » est souvent plus court en train qu'en avion, une fois compté le temps pour atteindre et quitter les aéroports et passer les contrôles. Par exemple, Paris à Lyon prend autour de 2h10 en TGV, contre plus de 3 h 30 si l'on intègre l'ensemble d'une liaison aérienne. Même situation entre Rennes et Paris, où les trains à grande vitesse effectuent le parcours en moins de 2h, alors que la durée totale en avion est allongée par l'accès aux aéroports et les procédures de sécurité.
Et la voiture dans tout ça ?
La voiture, quant à elle, garde une place intermédiaire : elle reste intuitive et flexible, mais entre Paris et Limoges par exemple, l'addition du carburant et des péages rapproche souvent son coût (environ 60 €) et sa durée (près de 4h) de ceux du train classique, sans l'avantage du confort ou de la productivité à bord. La voiture demeure un choix pertinent sur les courtes distances ou quand les horaires des autres transports ne conviennent pas. Mais vous l'aurez compris, le train conserve un avantage à tous les étages pour se déplacer dans l'Hexagone. Comme l'évoquait l'étude menée par Trainline, l'avion est en moyenne « 1,8 fois plus cher que le train » et peut émettre jusqu'à 120 fois plus d'émissions de CO2.
publié le 9 mars à 05h00, Thibaut Simon, Media365