Gratuité des transports : succès pour les villes, inquiétude à la Cour des comptes
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La Cour des comptes a pointé du doigt, dans un récent rapport, les effets négatifs de la gratuité des transports. Mais les communes qui l'ont adoptée en tirent un bilan bien plus positif.
Quel est le point commun entre Dunkerque, Tallinn (Estonie), Niort, Luxembourg ou encore Montpellier ? Au premier abord, pas grand-chose. Mais dans les faits, ces villes ont adopté ces dernières années la gratuité dans les transports en commun. Dans la ville de Luxembourg, cette gratuité va du réseau de bus, tram au réseau ferroviaire - seulement pour les trains en seconde classe. Plus de 40 communes françaises ont été séduites par le projet et proposent à leurs habitants ce service, censé promouvoir la mobilité douce et partagée tout en réduisant la pollution. À moins que les effets ne soient pas si positifs qu'on pourrait l'entendre...
La Cour des comptes inquiète
La mesure ne plaît donc pas à tout le monde. Le rapport de la Cour des comptes en est la preuve. En effet, elle explique que la gratuité des transports devient un gouffre financier pour les grandes métropoles qui ont un réseau très développé. En outre, le projet ne favoriserait pas forcément les mobilités douces, telles que la marche ou le vélo. « Elle entraîne, pour les réseaux importants et étendus, des effets négatifs sur le plan financier, tout en ne s'accompagnant que d'un report modal des automobilistes très limité », peut-on lire dans le rapport de la juridiction financière du pays.
Les maires dénoncent un rapport à charge
Que des effets négatifs ? Les métropoles ne sont pas d'accord. C'est le cas dans l'Hérault, où le maire de Montpellier évoque une fréquentation en hausse. « On constate sur le territoire que la qualité de l'air s'améliore ». Un an après le passage à la gratuité dans la ville, une hausse de 27 % de l'usage des transports en commun a été constatée. C'est le cas également à Dunkerque. Depuis 2018, la gratuité est en place sept jours sur sept, sans limites d'âge, de revenus ou de catégorie socioprofessionnelle. Si la commune du Nord a investi 17 millions d'euros dans ce projet - un projet certes politique - elle ne peut que constater les effets positifs. La fréquentation a augmenté de 165 % et 10 % des Dunkerquois ont laissé leur voiture depuis 2018 pour s'orienter vers les bus de la ville. Au-delà d'une utilisation régulière des transports en commun, les maires constatent une baisse de la fréquentation des parkings. Moins de voitures et de pollution... plus de mobilité décarbonée. La Cour des comptes se serait-elle trompée ?
publié le 21 septembre à 09h20, Thibaut Simon, Media365