Et si les voitures sans permis devenaient les nouvelles petites citadines ?
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L'essor des mini-voitures électriques urbaines est aujourd'hui l'un des phénomènes les plus intéressants du paysage automobile français.
Citroën Ami, Microlino ou encore Renault Twizy : ces modèles gagnent en popularité sur le marché français. À la recherche d'une nouvelle mobilité, décarbonée et accessible, les constructeurs se ruent depuis peu sur le segment des mini-voitures. L'Ami a joué un rôle de pionnière dans l'univers des quadricycles électriques et a vu plusieurs startups lui emboîter le pas. Au premier semestre 2025, 3 168 micro-cars électriques ont trouvé preneurs, soit une hausse de 13,1 % par rapport à l'an passé. Globalement, ce segment de la micro-mobilité électrique connaît plusieurs dynamiques : l'essor de solutions urbaines compactes et à faible coût d'usage, l'intérêt croissant des jeunes (et des familles en général) pour des véhicules simplifiés, ainsi qu'un cadre réglementaire et d'aide favorable, entre bonus et zones à faibles émissions. Et si ce segment remplaçait la voiture dans les années à venir ?
La mini-voiture contre l'encombrement urbain ?
Le vélo a déjà ouvert la voie aux Français sur la micro-mobilité, offrant ces dernières années une vraie perspective de déplacement, combinant performance et sécurité. Les mini-véhicules s'inscrivent dans cette continuité avec plusieurs objectifs : réduire l'encombrement et les embouteillages pour fluidifier le trafic dans les centres-villes, tout en proposant une mobilité durable. Plus légers et moins énergivores, ces véhicules répondent parfaitement aux défis des communes et aux restrictions imposées par les ZFE (Zones à faibles émissions). Les constructeurs et startups naissantes développent des modèles de plus en plus sûrs, dotés d'une architecture inédite (inclinaison, pédalier sans chaîne, par exemple). C'est le cas d'Aemotion, une startup basée dans l'Ain, qui conçoit un micro-véhicule électrique ultra-compact et innovant, d'environ 79 cm de large, pensé pour les environnements urbains.
Un développement trop ambitieux ?
À l'image d'Aemotion, Cixi, startup savoyarde, a développé son modèle Vigoz. Ici, le concept se rapproche du vélo, puisque la conduite s'effectue couchée, les pieds sur les pédales, mais avec un esprit voiture. Le Vigoz peut atteindre une vitesse de 120 km/h, sans beaucoup d'efforts, et pourrait arriver sur le marché d'ici 2027. Mais les contraintes restent nombreuses. Ces véhicules sortent du format classique, ce qui complique leur homologation routière (autoroutes, voies rapides) et leur acceptation réglementaire. S'ajoute à cela une barrière financière : certains modèles, comme celui d'Aemotion, affichent un tarif autour de 20 000 €, ce qui peut freiner leur diffusion. Le modèle d'affaire, qu'il s'agisse de location ou d'abonnement, reste encore à bâtir. Il faudra également convaincre les conducteurs. On peut envisager que ces mini-véhicules gagnent en importance dans les zones urbaines et périurbaines. Toutefois, leur diffusion dépendra de plusieurs facteurs : la réussite de l'homologation, l'émergence de modèles économiques viables, la création d'infrastructures adaptées et l'acceptation par les usagers.
publié le 24 novembre à 05h00, Thibaut Simon, Media365