Mobilité douce

Connaissez-vous les « vélis » ?

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Et si votre prochaine voiture pesait à peine 300 kg ? À mi-chemin entre le vélo et la citadine électrique, les « vélis » pourraient combler le vide entre bicyclette classique et petite voiture électrique.

On parle souvent de véhicules intermédiaires dans le jargon officiel, mais un terme moins courant circule aussi : les vélis. Ce mot désigne des véhicules légers, situés à mi-chemin entre le vélo et la petite voiture électrique. Deux, trois voire quatre roues. Avec ou sans toit. Tous ont un point commun : leur faible empreinte carbone et leur simplicité d'usage. Les vélis sont légers, parfois très légers, moins de 500 kg, avec un entretien limité. Dans les prochaines années, ils pourraient devenir un véritable outil de mobilité, à mesure que la voiture se fait plus discrète dans l'espace public.

Remplacer la voiture coûte que coûte

86 % des Français possèdent une voiture, et celle-ci représente près de 17 % des émissions nationales de CO₂. Elle reste donc le mode de déplacement privilégié, notamment pour les trajets du quotidien. Pourtant, une grande partie de ces déplacements sont courts, souvent inférieurs à 15 kilomètres. C'est précisément sur ce créneau que les vélis entendent se positionner. Souvent carrossés et protégés des intempéries, ces véhicules ont été pensés pour les déplacements de proximité : aller travailler, conduire ses enfants à l'école ou faire ses courses. « Ce sont des véhicules qui appartiennent aux catégories réglementaires comprises entre L1e (les deux-roues légers) et L7e (les quadricycles lourds) », explique Hélène Jacquemin, co-présidente de l'Association In'VD (Innovation véhicules doux). Légers, moins énergivores et plus compacts qu'une voiture classique, ils veulent offrir une alternative adaptée aux usages quotidiens. Sur le marché, des modèles comme la Citroën Ami ou la Fiat Topolino ont déjà familiarisé le public avec ce format réduit.

Une cohabitation encore questionnée

À Toul, en Meurthe-et-Moselle, l'association Lorraine Énergies Renouvelables (LER) va tester dès le mois de mars des véhicules intermédiaires. Au nombre de cinq, ces engins accompagneront les salariés dans leurs déplacements. Dans l'Aveyron, une expérimentation similaire avait vu le jour autour de Millau. L'idée reste identique : faciliter les trajets là où les transports en commun sont inexistants. Du modèle QBX Sorean, un quadricycle d'environ 120 kg atteignant 45 km/h, à La Bagnole de Kilow, un modèle à pédales, les alternatives se multiplient. Reste à les intégrer dans la circulation aux côtés des autres usagers. La présence des vélis au milieu du trafic automobile demeure un défi pour les concepteurs et un frein pour certains utilisateurs. « Avec les camions et le trafic dense, c'est stressant », concèdent des testeurs. Des solutions pourraient passer par un marquage spécifique au sol, à l'image de ce qui existe déjà pour les vélos classiques. Une chose est sûre : ces projets avancent. En France, 22 territoires testent actuellement des vélis, signe d'un intérêt croissant pour ces véhicules intermédiaires.

publié le 8 mars à 09h20, Thibaut Simon, Media365

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