Cohabitation difficile : les vélos bannis des centres-villes ?
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Depuis quelques mois, plusieurs villes françaises ont décidé d'interdire la circulation des vélos, électriques ou non, dans leurs centres-villes piétonnisés.
Une mesure qui divise et qui pourrait ralentir le développement du vélo dans l'Hexagone ? Plusieurs communes françaises ont fait le choix de supprimer la circulation du vélo (électrique ou non) dans leur centre-ville. Lille, Nice, Agen et, plus récemment, Saint-Brieuc ont adopté des arrêtés municipaux interdisant les vélos dans certaines rues piétonnes de leur centre-ville. À Lille, l'interdiction s'applique de 11h à 22h dans les zones commerçantes, tandis qu'à Saint-Brieuc, elle concerne une vingtaine de rues, du lundi au samedi, de 9h à 19h. Les contrevenants risquent une amende pouvant aller jusqu'à 135 €.
Pourquoi ces interdictions ?
Les municipalités justifient ces mesures par la sécurité des piétons, de plus en plus menacée par l'afflux de vélos et de trottinettes dans des espaces conçus pour la marche. Les conflits d'usage se multiplient, notamment avec des cyclistes roulant trop vite ou de manière imprévisible. « On avait vraiment un afflux de vélos trop important », explique un élu lillois. À Saint-Brieuc, le maire Victor Bonnot a signé un arrêté pour « garantir la sécurité et la tranquillité des piétons, notamment des plus fragiles ».
Quelles alternatives et quelles critiques ?
Les associations de cyclistes, comme la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB), dénoncent ces interdictions, qu'elles jugent rétrogrades et contre-productives. Pour elles, la solution réside dans le développement des infrastructures cyclables et l'éducation des usagers, plutôt que dans des restrictions. « Plutôt que de réduire les droits des cyclistes, il faudrait s'attaquer à l'hégémonie automobile de la voirie », estime Thibault Quéré, porte-parole de la FUB. Certaines villes, comme Saint-Brieuc, promettent des aménagements pour sécuriser les itinéraires alternatifs. Mais pour les défenseurs du vélo, ces mesures restent insuffisantes face à une tendance qui risque de s'étendre. Pour rappel, le territoire français totaliserait un manque d'environ 40 000 km d'aménagement cyclable, quand les objectifs du gouvernement, eux, prévoient d'en proposer 100 000 km d'ici 2030...
publié le 18 mai à 05h00, Thibaut Simon, Media365