Mobilité douce

Auto-stop : une pratique en déclin, mais pas disparue

© Shutterstock, Media365

Symbole de liberté et de mobilité bon marché, l'auto-stop « pouce levé » a largement perdu du terrain en France. Pourtant, la pratique n'a pas disparu. Tour d'horizon d'une habitude devenue marginale... mais encore vivante.

En France, l'auto-stop reste parfaitement légal, à condition de respecter le Code de la route. Le stop est autorisé sur les routes classiques, à partir d'un trottoir ou d'un bas-côté, sans gêner la circulation. En revanche, il est strictement interdit sur les autoroutes, leurs bretelles d'accès ou les péages. Les contrevenants risquent une amende allant jusqu'à 38 €. Côté assurance, rien de particulier : l'auto-stoppeur est considéré comme un passager classique et bénéficie de la responsabilité civile du conducteur.

Une pratique historique... en voie de disparition

Des années 1960 aux années 1980, l'auto-stop faisait partie du paysage. Aujourd'hui, il relève davantage de la nostalgie que d'une mobilité courante. Plusieurs facteurs expliquent cette érosion : multiplication des voitures individuelles, préoccupations de sécurité, domination du covoiturage organisé et difficulté de trouver des points sûrs pour s'arrêter. Pourtant, la pratique n'a pas totalement disparu. On observe même, depuis quelques années, une forme de timide résurgence, portée par des dispositifs modernisés et des réseaux de confiance. Des plateformes comme Rezo Pouce, soutenues par des collectivités, proposent un auto-stop encadré, avec des arrêts signalés et un système d'inscription sécurisée. Afin de compenser le manque de transports publics, Rezo Pouce s'axe sur les zones rurales et périurbaines.

Une quantification compliquée

Il n'existe aucune statistique officielle récente sur le nombre d'auto-stoppeurs en France. Le phénomène n'est pas suivi par les institutions publiques et reste, par nature, difficile à mesurer. En revanche, plusieurs baromètres permettent de comprendre le contexte général. Selon le dernier Baromètre de l'autosolisme, environ 84 % des conducteurs roulent seuls aux heures de pointe dans les grandes métropoles françaises. Le taux d'occupation moyen des véhicules demeure faible, autour de 1,25 personne par voiture. Ces chiffres montrent que les trajets partagés - qu'il s'agisse de covoiturage ou d'auto-stop - restent très minoritaires.

L'été, l'auto-stop brille !

Si l'auto-stop spontané reste rare et imprévisible, les réseaux d'auto-stop organisé permettent de combler des « trous de mobilité » et de remettre en lumière cette pratique conviviale. De plus, on constate un rebond de l'auto-stop en période estivale. À l'arrivée des beaux jours, la pratique retrouve des couleurs, poussée par les publications sur les réseaux sociaux et les dispositifs locaux. Au niveau européen, l'auto-stop survit. Les Pays-Bas, la Belgique et les pays de l'Est portent encore la pratique à bout de bras où plus de facilités sont observées, contrairement à l'Espagne ou l'Italie par exemple. L'auto-stop n'est donc pas mort. Il s'est simplement transformé entre nostalgie, innovations locales et nouveaux usages de la mobilité partagée.

publié le 14 décembre à 09h20, Thibaut Simon, Media365

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