Mobilité douce

Aménagements cyclables : les villes oublient-elles le vélo ?

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L'adoption de la loi-cadre Transports en première lecture devait redonner un coup de boost à la pratique du vélo en France. Selon certains acteurs, elle en oublie le principal.

La pratique du vélo n'a jamais été aussi forte en France. Certes, les objectifs de part modale sont loin d'être atteints (12 % espérés pour 2030, contre environ 3 à 4 % actuellement), mais les Français enfourchent quotidiennement leur deux-roues pour se déplacer. Mais pour rouler, faut-il encore posséder des aménagements dignes de ce nom. Le récent projet de loi du gouvernement oublierait cette question centrale. « Le droit de se déplacer à vélo en toute sécurité n'est pas négociable » publiait la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette) dans son communiqué du 29 avril 2026.

Où sont les pistes cyclables ?

La réalité du terrain rattrape souvent les textes de loi. C'est sans doute le reproche fait par la FUB au Sénat depuis l'adoption de la loi-cadre Transports. Avec une augmentation des tués à vélo sur les routes (234 décès en 2025) et un manque cruel d'infrastructures - la FUB avance que seulement 4 % de la voirie est aménagée pour le vélo sur le territoire - l'insécurité refait surface. Cette insécurité pourrait freiner la pratique du vélo en France. Pourtant, les objectifs sont établis. 80 000 km d'aménagements cyclables voulus pour 2027, et près de 100 000 km d'ici 2030. La FUB réclame de son côté une révision du cadre réglementaire, par peur que les « obligations » soient minimisées. « Cette loi envoie ainsi un signal contradictoire. D'un côté, l'État reconnaît la nécessité de mieux financer les infrastructures cyclables et de l'autre, il fragilise les obligations qui garantissent leur réalisation effective », explique-t-elle.

Des exemples peu convaincants

L'annonce du budget 2026 avait envoyé un premier signal : une fébrilité de l'Etat sur sa volonté d'aménager le territoire. En supprimant le bonus vélo et l'aide à l'achat d'un vélo cargo, le Gouvernement laissait aux collectivités le choix de soutenir les pratiquants. Faut-il encore que les maires suivent. Car de nombreux élus font marche arrière. Suppression d'une piste cyclable au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), manifestation au Havre pour l'aménagement sécuritaire d'une piste cyclable sur le pont de Normandie ou encore réouverture d'une voie interdite aux voitures à Nice. Sur la Promenade des Anglais comme ailleurs, les incompréhensions se multiplient. « Quand on fait des choix, c'est bien de les laisser un minimum pérennes, les changements permanents ne sont pas une bonne chose », confie une association de cyclistes. L'Assemblée nationale donnera-t-elle son accord pour adopter définitivement la loi-cadre Transports ? Réponse attendue cet été.

publié le 29 mai à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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