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ZFE : report du vote et inquiétude grandissante

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De passage devant l'Assemblée nationale et le Sénat, le texte sur le projet de loi de simplification portant sur la suppression des ZFE (Zones à faibles émissions) a finalement été reporté. La bataille continue.

Depuis plusieurs mois, les Zones à faibles émissions cristallisent les tensions. Critiquées pour leur impact social et leur complexité, elles ont fait l'objet de débats au Parlement, certains responsables politiques appelant à leur suppression. Pourtant, en l'absence de changement définitif du cadre législatif, les ZFE restent prévues par la loi. Dans ce contexte flou, la Métropole du Grand Paris (MGP) a tranché : la ZFE sera maintenue en 2026 sur son territoire, qui couvre Paris et une grande partie de la petite couronne. Sur les 131 métropoles, 77 sont concernées. Mais le projet de loi de simplification portant sur la suppression des ZFE devait passer devant l'Assemblée nationale et le Sénat fin janvier. Le gouvernement a décidé de reporter l'examen du texte. Une décision qui ouvre une nouvelle fois le débat entre les défenseurs du dispositif et les partisans du « blocage », dont font partie l'extrême droite, la droite et La France insoumise.

Un débat à l'avantage de la Métropole du Grand Paris ?

Le sort des ZFE est simple. Si le texte est rejeté, le dispositif continuerait dans son cadre actuel. En revanche, si la suppression des ZFE est validée, elles disparaîtraient. Les métropoles telles que Paris et Lyon pourraient conserver la ZFE via un arrêté municipal. C'est en tout cas le souhait de ces dernières. Comme nous l'avions expliqué, la ZFE du Grand Paris a gardé son cadre comprenant des contrôles automatisés, des dérogations temporaires et le pass 24 heures. « Le report du vote offre une petite opportunité supplémentaire pour sauver les ZFE », détaillait Daniel Guiraud, vice-président (PS) de la Métropole du Grand Paris (MGP) chargé de la transition écologique.

Un enjeu de santé publique

Au-delà des débats politiques, la Métropole insiste sur l'enjeu sanitaire. La pollution de l'air reste responsable de milliers de décès prématurés chaque année en Île-de-France. Selon la MGP, la ZFE constitue un levier essentiel pour réduire les émissions de particules fines et de dioxyde d'azote, notamment dans les zones les plus denses. Plusieurs experts se sont exprimés face à la fronde contre les ZFE. Airparif rappelle que 14 % de la baisse des émissions d'oxydes d'azote sont dus au déploiement de la ZFE dans la Métropole du Grand Paris. « Supprimer les ZFE sans proposer d'alternatives crédibles constituerait un recul sanitaire majeur », expliquent les scientifiques et chercheurs sur le sujet, tandis que Atmo France évoque un « mauvais signal envoyé aux Français » à l'heure où la santé publique est un enjeu du gouvernement. L'attente autour de la suppression des ZFE continue, mais jusqu'à quand ?

publié le 4 février à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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