Zéro émission : Mazda réinvente le moteur essence... à hydrogène
© Mazda, Media365
Mazda, qui s'est déjà plusieurs fois illustré par ses innovations techniques, vient de déposer un brevet portant sur un moteur essence n'émettant aucun gramme de CO2, car propulsé par hydrogène.
Face aux défis environnementaux qui nous concernent tous, surtout nous, Européens, puisque Bruxelles prévoit d'interdire la vente de voitures thermiques en 2035, les constructeurs automobiles doivent redoubler d'ingéniosité pour pouvoir mettre leurs voitures en conformité. Il y a ceux qui mettent le cap sur l'électrique, d'autres sur l'hybride, et d'autres encore, comme Toyota et Hyundai, sur l'hydrogène . Mais il y a aussi ceux qui pensent que l'avenir peut se jouer avec des moteurs essence moins gourmands en carburant et moins émetteurs de particules nocives. C'est le cas de Mazda, qui s'est illustré par le passé avec ses moteurs rotatifs , et qui s'illustre toujours aujourd'hui avec ses moteurs essence Skyactiv-X, dont le fonctionnement est très proche de celui d'un moteur diesel. Et en suivant cette direction, le constructeur japonais vient de déposer un brevet pour le moins prometteur.
Un fonctionnement bien spécifique
Celui-ci concerne le développement d'un moteur à essence très spécial, en cela qu'il n'émet aucune émission de CO2, et fonctionne grâce à l'hydrogène. Le principe est le suivant : « casser » les molécules d'hydrogène et de carbone présent dans la composition du carburant pour les isoler et être capable de les réutiliser. Le premier pour alimenter le moteur, le second pour le stocker et permettre au véhicule de rouler en zéro émission. Pour réaliser une telle prouesse, le moteur en question ne fonctionne pas en quatre temps comme tous les autres (injection d'air et de carburant, compression du tout, détente, échappement), mais en six temps, puisque deux étapes intermédiaires ont été ajoutées : la décomposition de l'essence en hydrogène et carbone puis la purge du cylindre.
Encore beaucoup de barrières techniques
Si cette invention est séduisante sur le papier, les contraintes techniques pour la mettre en place sur un modèle de série vont être difficiles. Le fonctionnement en six temps implique en effet de construire de nouveaux circuits, injecteurs et réservoirs par rapport à un moteur à quatre temps. Se pose aussi le problème du stockage du carbone, qui implique de construire une chambre dédiée, laquelle sera à purger très régulièrement. Ce dernier point pose un problème d'infrastructures, car même si Mazda assure pouvoir vider le réservoir lors des révisions dans son réseau, il faudra sans doute construire des stations de vidange dédiées, car les intervalles de révisions sont trop espacés. Dernier défi : que faire du carbone collecté ? L'enfouir comme c'est de coutume, ou le réutiliser dans d'autres industries lourdes ? Tant de questions et de contraintes techniques auxquelles devra répondre Mazda si elle souhaite concrétiser ce projet. Mais le constructeur japonais est connu pour son sens de l'innovation et de la persévérance...
publié le 13 septembre à 09h10, Quentin Pannaud, Media365