Voitures chinoises : un Français sur dix seulement prêt à franchir le pas
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Une étude du BCG, le Boston Consulting Group, s'est intéressée à la propension des acheteurs de voitures neuves à choisir un modèle de marque chinoise, et à ce titre les Français font partie des plus protectionnistes.
Elle a été menée auprès de 9 000 consommateurs dans 10 pays du monde, dont 1 000 en France, et les avis divergent nettement d'un marché à un autre, notamment en ce qui concerne ceux de nos compatriotes. Seulement 9% des acheteurs français sont en effet prêts à jeter leur dévolu sur une voiture chinoise, contre entre 10% et 20% en Europe. Les Espagnols et les Norvégiens sont les plus « mordus », avec un taux de 19% et 18%, suivis par les Allemands à 16%. Hors Europe, le Brésil caracole avec un taux d'acceptation de 36%, les États-Unis ferment la marche à 7% seulement. Le constat français est symptomatique de la percée des marques chinoises dans le pays : elles ne représentent que 3% de part de marché chez nous , contre 4% à l'échelle européenne.
Les Français encore réticents à l'électrique
On aurait pu croire que l'absence (Norvège) ou le peu (Espagne, SEAT) de marques nationales favorise l'essor de ces constructeurs chinois, mais le cas allemand nous prouve le contraire, comme les cas britannique (15%) et italien (14%). Ce qui explique en partie cet écart, c'est la réticence des Français vis-à-vis de l'électrification : seulement 29% des conducteurs de véhicules thermiques ou hybrides en France affirment qu'ils ne passeront jamais à l'électrique, contre 24 % en moyenne en Europe. Les principaux freins évoqués sont l'autonomie insuffisante (54 %, vs 43 % en Europe), le coût d'achat élevé (53 % vs 44 % en Europe), et le temps de recharge jugé trop long (48 % vs 46 % en Europe). Et comme la plupart des modèles chinois proposés en Europe sont 100% électriques, les Français s'y intéressent peu.
Fidélité aux marques nationales
Mais une autre raison peut l'expliquer : la fidélité des clients à une marque en particulier. Les Français et les Américains sont en tête, 30 à 40% des acheteurs déclarant vouloir choisir un modèle de la même marque que leur voiture actuelle, contre 15% pour les consommateurs chinois ! Sur les neuf premiers mois de l'année, Renault s'offrait 19,3% de part de marché, Peugeot 15,1%, Citroën 8,1%, soit 42,5% de pénétration totale pour nos trois plus grands constructeurs. « Cette fidélité reste significative, mais ne suffit pas à protéger les constructeurs historiques des nouveaux entrants », précise l'étude pour nuancer ce constat. Si les constructeurs chinois continuent à développer des modèles tant équipés, pas chers, bien notés sur le plan de la sécurité , et que les Français passent davantage à l'électrique, cet indice de fidélité pourrait être amené à baisser. Mais c'est encore loin d'être le cas.
publié le 17 novembre à 06h00, Quentin Pannaud, Media365