Green auto

Voitures chinoises : quels modèles sont produits sur le continent européen ?

© XPeng, Media365

Il y en a peu, mais il y en a : la production locale de voitures chinoises commence à devenir réalité dans plusieurs pays de l'Union européenne. Certains sites sont déjà opérationnels, d'autres doivent sortir de terre prochainement.

Après de longues tractations menées par des experts européens auprès des constructeurs chinois présents en Europe - sur fond d'ingérence financière du gouvernement central - l'Union européenne avait décidé il y a tout juste un an de rehausser ses droits de douane sur les véhicules électriques importés de l'Empire du Milieu . BYD, SAIC (MG, Maxus), Geely (Lynk&Co, Polestar, Zeekr), Chery (Jaecoo, Omoda) ou encore Xpeng et Nio sont, depuis lors, frappés par des taux d'imposition variant de 17% à 35%, fixés en fonction de leur niveau de collaboration avec les instances européennes lors de l'enquête. Un sacré manque à gagner pour ces marques qui sont en plein développement sur notre continent.

Produire localement pour contourner les droits de douane

Dans la manœuvre, Bruxelles espérait inciter ces géants industriels à installer un site de production dans un État membre de l'UE. Pour eux : la fin des barrières douanières. Pour nous : de la richesse et des emplois créés. Où en sommes en 2025 ? On ne les compte que sur les doigts d'une main, ceux s'étant effectivement installés en Europe, mais les perspectives futures sont ambitieuses. Le groupe Chery, qui arrive tout juste en France avec ses marques Omoda et Jaecoo , assemble les Omoda 5 et Jaecoo 7 en Espagne depuis quelques mois déjà. Il a jeté son dévolu sur l'ancienne usine Nissan de Barcelone (Navara, NV200...), un site accueillant aussi la production d'EBRO, une marque espagnole ressuscitée par Chery pour écouler sa gamme de SUV Tiggo sur le Vieux Continent, dont le lancement en France reste pour le moment incertain.

Le cas Magna Steyr

Ses concurrents ont quant à eux opté pour une stratégie différente. Plutôt que de se lancer dans la longue et coûteuse construction d'un site, ou de racheter une usine existante, XPeng, et GAC ont fait appel aux services de la compagnie autrichienne Magna Steyr. Ce sous-traitant automobile, qui assemble le Mercedes-Benz Classe G à Graz et qui a aussi produit par le passé les Toyota Supra, BMW Z4 et Fisker Ocean, a débuté il y a quelques semaines à assembler les Xpeng G6 et G9 et GAC AION V, trois SUV 100% électriques vendus en Europe. Ils ont trouvé un stratagème pour contourner les droits de douane à pas cher : ces trois modèles sont envoyés en kits depuis la Chine et simplement remontés à Graz, il ne s'agit donc pas de vrais modèles assemblés de A à Z.

De nouveaux acteurs en approche

Plusieurs constructeurs chinois se sont positionnés aussi autour d'une production européenne future. C'est le cas de BYD, sur le point d'ouvrir sa première usine européenne en Hongrie pour assembler les Dolphin Mini, Dolphin et Atto 2, ainsi qu'en Turquie. De même Polestar - faisant partie du groupe Geely - pourrait produire des modèles électriques dans la future usine Volvo de Kosice en Slovaquie, à commencer par le SUV Polestar 7. Leapmotor, enfin, pourrait profiter de l'usine Stellantis de Figueruelas (Saragosse, Espagne), qui produit déjà les Opel Corsa, Lancia Ypsilon et Peugeot 208, pour assembler localement son nouveau SUV électrique B10. D'autres projets pourraient venir de MG et Nio notamment, qui cherchent à monter en cadence sur notre territoire.

publié le 5 décembre à 05h00, Quentin Pannaud, Media365

Liens commerciaux