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Voitures chinoises : Bruxelles durcit le ton

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Depuis 2024, l'Union européenne a mis en place des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques chinoises, jugées trop fortement subventionnées. Mais Bruxelles procède à quelques ajustements, qui pourraient impacter l'industrie européenne.

La Commission européenne a franchi un cap en 2024 en imposant des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques fabriquées en Chine. Ces surtaxes s'ajoutent au droit de douane classique de 10 % déjà appliqué à toutes les voitures importées dans l'Union européenne. Selon Bruxelles, les constructeurs chinois bénéficient de subventions publiques massives, ce qui leur permet de vendre des véhicules à des prix très bas en Europe, au détriment des marques européennes. Les droits de douane varient selon les groupes - BYD (17 %), Geely (19-20 %), SAIC (36-38 %) par exemple - avec des niveaux plus élevés pour les groupes les plus soutenus par l'État chinois.

Un changement de stratégie à l'étude

Plutôt que de maintenir durablement ces surtaxes, Bruxelles réfléchit à une nouvelle approche. L'idée serait de remplacer les droits de douane par un prix minimum à l'importation. Concrètement, les constructeurs chinois pourraient s'engager à ne pas vendre leurs voitures en dessous d'un certain prix en Europe. En échange, ils éviteraient les taxes supplémentaires. Ce système, encore en discussion, vise à corriger la concurrence jugée déloyale, tout en limitant la hausse des prix pour les consommateurs européens et les tensions diplomatiques avec Pékin.

Les hybrides, nouvelle cible de Bruxelles

Jusqu'à présent, les voitures hybrides et hybrides rechargeables chinoises échappent aux surtaxes. Elles ne sont soumises qu'au droit de douane standard de 10 %. Résultat : leurs ventes explosent en Europe. Certains y voient un moyen de contourner les taxes sur les voitures 100 % électriques. Face à cette situation, la Commission européenne envisage désormais d'étendre les mesures commerciales aux hybrides chinoises. Des discussions sont en cours pour lancer une enquête similaire à celle menée sur les véhicules électriques, mais aucune décision définitive n'a encore été prise.

Un équilibre délicat à trouver

Ces décisions ne sont pas du goût de tout le monde. Sébastien Martin, ministre de l'Industrie, évoquait le 12 janvier dernier un « non-sens économique total » et un « mauvais signal pour la souveraineté ». Bruxelles est donc actuellement sur un fil instable : protéger l'industrie automobile européenne, tout en évitant une flambée des prix pour les automobilistes et une escalade commerciale avec la Chine. Une chose est sûre : après les voitures électriques, les hybrides chinoises sont clairement dans le viseur de l'Union européenne.

publié le 23 janvier à 05h00, Thibaut Simon, Media365

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