Voiture électrique : qu'est-ce que le fameux « bruit rose » ?
© Shutterstock, Media365
Souvent jugées trop silencieuses et donc dangereuses à basse vitesse, les voitures électriques doivent désormais émettre des sons artificiels. À l'avenir, un nouveau signal baptisé « bruit rose » pourrait répondre à cette critique, en améliorant la sécurité des piétons sans recréer de nuisances sonores.
Les voitures électriques ont un avantage évident : à circulation équivalente, le bruit en ville est fortement réduit. Mais ce silence pose aussi un problème de sécurité, notamment à faible vitesse. En dessous de 20 km/h, un véhicule électrique est silencieux, ce qui peut surprendre les piétons, en particulier les personnes âgées ou malvoyantes. Pour répondre à ce risque, une réglementation européenne impose depuis 2019 l'installation d'un système d'alerte sonore, appelé AVAS (Acoustic Vehicle Alerting System). Ce dispositif émet un son artificiel lorsque la voiture roule lentement ou recule, avec un niveau sonore compris entre 56 et 75 décibels, soit l'équivalent d'une circulation urbaine modérée.
Des sons artificiels parfois critiqués
Si ces bruits améliorent la sécurité, ils sont parfois jugés désagréables ou inutiles, car chaque constructeur choisit son propre signal : bourdonnement, sifflement, son futuriste... Cette diversité pose une question : comment créer un son à la fois efficace et reconnaissable pour les riverains ? C'est dans ce contexte qu'apparaît le concept de « bruit rose », étudié par des chercheurs, notamment au Japon.
Qu'est-ce que le « bruit rose » ?
Le « bruit rose » est un type de signal sonore particulier, différent du bruit blanc. Il répartit les fréquences de manière plus équilibrée pour l'oreille humaine, ce qui le rend plus facilement perceptible, même à faible volume. Selon les études menées, ce type de son permettrait aux piétons de détecter plus rapidement l'approche d'un véhicule, sans avoir besoin d'augmenter fortement le niveau sonore. Autrement dit, le « bruit rose » serait plus efficace, tout en étant moins agressif.
Vers une nouvelle norme sonore ?
Pour l'instant, le « bruit rose » n'est ni obligatoire ni normalisé. Il s'agit d'une piste de recherche qui pourrait inspirer les futures évolutions des systèmes AVAS. Les autorités et les constructeurs cherchent l'équilibre afin de protéger les usagers vulnérables tout en évitant de recréer une pollution sonore en ville. Le « bruit rose » pourrait ainsi incarner une nouvelle approche : faire du son non pas une nuisance, mais un outil de sécurité intelligent, au service de tous les usagers de l'espace public.
publié le 26 décembre à 05h00, Thibaut Simon, Media365