Pourquoi Tesla écope-t-elle d'une nouvelle amende de 209 millions d'euros ?
© Shutterstock, Media365
Tesla est dans le viseur de l'administration américaine, pour des litiges entourant son système Autopilot, dédié à la conduite autonome. Les associations de victimes viennent d'obtenir 242 millions d'euros de compensation de la part de la marque.
Tesla se retrouve une nouvelle fois devant la justice. Le constructeur américain vient d'être condamné à verser une grosse amende de 243 millions de dollars (soit 209 millions d'euros), infligée par les autorités de régulation du transport américain (NHTSA) après une série d'enquêtes portant sur son système d'aide à la conduite Autopilot. Les régulateurs reprochent à la marque d'avoir induit en erreur ses clients en présentant cette technologie comme plus avancée et sécurisée qu'elle ne l'était réellement, entretenant la confusion entre assistance à la conduite et conduite autonome . Cette communication jugée excessive a conduit certains conducteurs à adopter des comportements trop confiants, avec, comme conséquence, plusieurs accidents graves pointés du doigt par les enquêteurs, notamment en avril 2019 quand une Tesla Model S circulant avec l'Autopilot enclenché avait renversé Naibel Benavides Leon, alors âgé de 22 ans.
L'Autopilot, le talon d'Achille de Tesla
La sanction s'inscrit dans un contexte tendu pour Tesla , puisque la stratégie de la marque a toujours reposé sur l'innovation et le marketing de rupture. Et l'Autopilot, justement, est l'un des arguments de vente phare de Tesla, devenu le talon d'Achille d'Elon Musk qui a été accusé à plusieurs reprises de survendre les capacités réelles de son système. Les autorités américaines ont notamment insisté sur le fait que le terme même d'« Autopilot » pouvait induire une fausse impression de conduite totalement autonome, alors que l'usage impose constamment la vigilance et l'intervention du conducteur. Les accusateurs estiment que Tesla a franchi la ligne rouge, et que cette amende doit servir d'avertissement à l'ensemble de l'industrie automobile un peu trop pressée à vendre ses technologies de conduite autonome.
Un avertissement pour tous les constructeurs
Pour Tesla, cette décision est un coup dur, puisque le constructeur, déjà soumis à une concurrence de plus en plus féroce dans l'électrique (et notamment en provenance des constructeurs chinois), voit sa crédibilité ébranlée sur le plan de la sécurité, ce qui est un point sensible pour de nombreux acheteurs. Même si l'entreprise a d'ores et déjà promis des améliorations logicielles et une communication plus claire autour de l'Autopilot, ce revers judiciaire (et financier !) relance le débat sur la régulation des technologies dites « intelligentes »...
publié le 8 septembre à 10h30, Quentin Pannaud, Media365