Green auto

Le lac d'Annecy pollué par nos « propres » voitures ?

© Shutterstock, Media365

Une enquête récente met en lumière l'ampleur méconnue de la pollution causée par l'usure des pneumatiques, jusque dans l'un des lacs les plus réputés d'Europe.

En Haute-Savoie, le lac d'Annecy attire chaque année de nombreux touristes pour son cadre idyllique et la pureté de son eau. Problème, cette eau n'y serait pas si pure qu'on pourrait le penser. Au printemps 2025, une investigation menée avec des prélèvements a révélé la présence de microplastiques et additifs. Cette pollution proviendrait, d'après l'enquête, de l'abrasion des pneus de nos véhicules. Les résultats présentés par France Nature Environnement (FNE) et un groupement de journalistes scientifiques, montrent que ces particules sont détectables « partout dans le lac, dans l'air », et même « un peu dans l'eau potable ». Une eau distribuée à l'agglomération, dont 73 % proviennent de ce lac...

La pollution des pneumatiques

L'abrasion des pneus n'est pas un problème isolé à Annecy : c'est un phénomène mondial et continu. Lorsque les véhicules roulent, leurs pneus se dégradent et libèrent des particules de caoutchouc, microplastiques et additifs chimiques dans l'environnement. Une étude européenne estime que l'usure des pneumatiques émet plus de 500 000 tonnes de microplastiques par an sur le continent, et jusqu'à des millions de tonnes dans le monde. Ces particules sont si fines qu'elles peuvent être transportées par le vent ou entraînées par l'eau de pluie dans les sols et les cours d'eau.

Un enjeu de santé publique

Pour l'instant, l'enquête sur Annecy est qualifiée d'exploratoire par ses auteurs, mais elle met en lumière un problème omniprésent et peu étudié, parfois comparé au scandale des PFAS. Face à cette pollution, l'Union européenne travaille à intégrer des normes sur les émissions de particules de pneus dans le règlement Euro 7, avec des seuils à définir et une mise en œuvre progressive d'ici 2032. Du côté des industriels, la fabrication de pneus écologiques est à l'étude, à l'image de ce que Michelin réalise déjà avec son MICHELIN e.Primacy.

Comment réduire cette pollution à son échelle ?

La découverte de pollution aux microplastiques de pneus autour du lac d'Annecy est une alerte majeure sur une source de pollution jusque-là largement ignorée. Pour l'homme, l'action à petite échelle peut avoir lieu. Les automobilistes, eux, peuvent également agir en adoptant une conduite écologique. Circuler à une vitesse modérée, privilégier des freinages anticipés et des accélérations progressives sont des réflexes à adopter au quotidien. Vérifier la pression de ses pneus peut également avoir un impact positif sur l'environnement. Pour rappel, le secteur des transports et notamment routier, reste le principal émetteur de gaz à effet de serre dans l'Hexagone.

publié le 17 janvier à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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