La voiture électrique déjà boudée sur le marché de l'occasion ?
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Une étude américaine s'est intéressée à la décote subie par les véhicules électriques sur le marché. La perte de valeur est phénoménale.
Les véhicules électriques ont-ils mauvaise réputation ? À en croire « Manheim Used Vehicle Value Index », l'étude du cabinet Cox Automotive, l'électrique perd beaucoup de valeur sur le marché de l'occasion. En effet, l'indicateur américain s'est penché sur le prix de ces véhicules lors des ventes aux enchères de gros aux États-Unis. Le constat est sans appel, puisque les voitures électriques décotent plus rapidement que les hybrides et les thermiques. Une inquiétude sur le long terme pour les constructeurs ?
Une valeur divisée par deux
À peine achetés, les véhicules électriques voient déjà leur cote s'effondrer. Sur le long terme, la décote s'avère encore plus marquée. Le marché européen confirme cette tendance. En juillet dernier, Cox Automotive Europe indiquait que les modèles électriques de moins de deux ans perdaient jusqu'à 51 % de leur valeur d'origine, contre seulement 32 % pour les hybrides. Pourtant, il y a encore trois ans, les courbes des deux technologies restaient proches, avec une bonne conservation du prix d'achat. Mais janvier 2023 a marqué un tournant, les consommateurs ayant clairement basculé en faveur de l'hybride.
L'hybride plus rassurant
L'explication de ce phénomène est simple. Pour les usagers, les véhicules hybrides rassurent plus que l'électrique. Ils retrouvent un équilibre entre le coût d'achat sur le marché de l'occasion, l'usage effectué et le confort de l'énergie. « Les véhicules hybrides offrent une solution alternative et rentable pour les acheteurs soucieux de durabilité, mais encore hésitants face aux contraintes d'autonomie ou d'infrastructure des véhicules électriques », détaillait Philip Nothard, directeur du développement, analyse et perspective chez Cox Automotive Europe. Pas étonnant d'observer des chiffres de vente positifs pour l'hybride depuis le début de l'année. Sur le continent, les immatriculations ont grimpé de 31,5 % pour les hybrides rechargeables, contre 6,5 % pour les hybrides classiques.
publié le 10 septembre à 07h00, Thibaut Simon, Media365