Green auto

La Chine va imposer à ses véhicules électriques des règles strictes en termes de consommation

© Dreame, Media365

Une nouvelle réglementation est entrée en vigueur ce 1er janvier 2026 en Chine, visant à légiférer contre les voitures électriques trop énergivores en électricité. Passé un certain seuil, celles-ci ne pourront pas être commercialisées légalement.

La Chine vient de franchir un cap symbolique et hautement politique : mieux encadrer l'efficience énergétique des voitures électriques neuves vendues dans le pays, en établissant des seuils chiffrés à ne pas dépasser pour qu'elles puissent être commercialisées. Dans un pays devenu le plus grand laboratoire mondial de la voiture à batterie, cette nouvelle norme, applicable dès le 1ᵉʳ janvier 2026, marque la fin d'une période où « tous les coups étaient permis », période durant laquelle les constructeurs étaient libres de concevoir un véhicule à la consommation (kWh/100km) délirante.  Pékin assume désormais un rôle de régulateur technologique, en s'attaquant frontalement aux modèles jugés trop énergivores.

Un classement par tranches de poids

Le principe est le suivant :  plus une voiture est lourde , plus le plafond de consommation admis est élevé, mais dans des limites qui se veulent représentatives de ce que la technique sait déjà faire aujourd'hui. La grille repose sur des tranches de masse à vide, chaque classe se voyant assigner une valeur maximale en kWh/100 km, selon le cycle d'homologation chinois CLTC, proche dans son esprit de l'ancien NEDC européen, donc plutôt optimiste par rapport aux conditions réelles. Le chiffre qui frappe les esprits est celui fixé autour des 2 tonnes : 15,1 kWh/100 km maximum, une valeur qui, transposée à la norme WLTP, correspond peu ou prou à ce que proposent déjà les compactes et berlines les plus efficientes du marché mondial, quand bon nombre de SUV familiaux électriques flirtent encore avec les 17 à 18 kWh/100 km en usage réaliste.

Façonner le marché chinois

Pour l'industrie chinoise, qui a multiplié les modèles et les segments à la faveur d'un soutien massif de l'État, cette « diète énergétique » imposée n'est pas pour autant un couperet brutal. Une large majorité des modèles déjà en circulation respectent ces nouveaux seuils, ce qui confirme que le texte a été calibré en observant la réalité du terrain. Les constructeurs les plus exposés sont ceux qui ont misé sur des SUV lourds, peu soignés aérodynamiquement, ou sur des réglages de moteurs privilégiant l'accélération au rendement, et qui devront désormais revoir cartographies, logiciels de gestion de l'énergie et parfois même l'architecture du véhicule pour rester dans les clous.

Un projet chinois, pour le moment

Vu d'Europe, où les cycles WLTP et les standards d'homologation servent avant tout d'outils d'information et de comparaison, le pas franchi par Pékin constitue  une première mondiale . Aucun grand marché n'impose aujourd'hui de limite maximale de consommation aux voitures électriques, là où l'on se concentre encore sur les émissions de CO₂ des thermiques. Reste à savoir si cette offensive contre les électriques « obèses » restera une particularité chinoise, ou si elle servira de point de départ à une future génération de normes plus sévères en Europe.

publié le 5 janvier à 06h00, Quentin Pannaud, Media365

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