L'Union européenne se penche sur la question des carburants synthétiques

, publié le 22 mars

La Commission européenne est actuellement en train d'examiner un éventuel amendement pour autoriser les carburants synthétiques, après les pressions de la part de l'Allemagne.

C'est une prise de position symbolique à la Commission européenne : la semaine dernière, l'Allemagne s'était opposée au sein des 27 à l'interdiction des moteurs thermiques en 2035. Cette grande réforme pousse depuis des mois les constructeurs automobiles à abandonner ces motorisations historiques, au profit de motorisations électriques. Ce n'est pas un hasard si la plupart des constructeurs ont d'ores et déjà annoncé vouloir renoncer au thermique dans les prochaines années. Avec comme objectif d'être 100% électrique en 2028, 2030 ou 2033 selon les calendriers des uns et des autres.

Peugeot, Renault, Citroën, Mercedes, Volkswagen, Volvo : la plupart se sont pliés aux nouvelles réglementations. D'autres, notamment les constructeurs italiens de supercars, rechignent encore à se convertir au tout électrique. Mais plusieurs acteurs (États, constructeurs automobiles) lui reprochent de pousser arbitrairement vers l'électrique, sans considérer toutes les alternatives au thermique traditionnel (diesel, essence).

Les carburants synthétiques seront-ils autorisés après 2035 ?

C'est le cas notamment des carburants synthétiques (e-fuels en anglais), obtenus à partir de CO2 « recyclé », provenant d'activités industrielles utilisant de l'électricité bas-carbone. S'ils en sont encore à leurs balbutiements, certains constructeurs comme Porsche y croient dur comme fer. La marque du groupe Volkswagen commercialise déjà son e-fuel, et place en lui beaucoup d'espoirs pour permettre aux moteurs thermiques d'être autorisés après 2035. Car l'avantage du e-fuel, c'est qu'il peut faire fonctionner n'importe quel moteur thermique classique, sans besoin de changements mécaniques. Une aubaine technologique, mais qui coûte pour l'instant très cher.

L'Allemagne fait confiance à Porsche et au groupe Volkswagen, et c'est pour cette raison que le pays a bloqué le vote de l'Union européenne. La Commission a lâché un peu de lest, et les discussions au sujet des e-fuels sont actuellement en débat. Pour l'UE, il s'agit de statuer si oui ou non les carburants synthétiques sont « verts » et durables. Les discussions suivent leur cours...

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