Green auto

Interdiction thermique 2035 : changement de cap pour l'Europe ?

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Entre Bruxelles et les pays européens, le sujet de l'interdiction des ventes de véhicules neufs thermiques pour 2035 fait rage. L'Union européenne semble revoir sa copie...

C'est une épée de Damoclès qui menace la tête de tous les constructeurs automobiles faisant du business en Europe : l'interdiction à partir de 2035, de vendre des voitures neuves qui ne seraient pas 100% électriques. Mesure phare de Bruxelles dans sa volonté d'avoir une industrie automobile zéro émission, elle ne met pas tout le monde d'accord à la table des négociations. L'Espagne et l'Italie y sont farouchement opposées du fait que plusieurs de leurs constructeurs nationaux - orientés premium ou haut de gamme - dépendent encore largement des énergies fossiles.

La France fait marche arrière ?

Au contraire, la France et l'Espagne, qui accélèrent dans le verdissement de leur parc automobile, y sont favorables, et militent pour que la Commission européenne aille jusqu'au bout de son projet. Sauf qu'un changement de cap semble s'opérer. Sous la pression de l'Allemagne, qui souhaite que les véhicules équipés d'un moteur thermique « très efficient » soient mis en vente après 2035, d'autres nations demandent de la souplesse à Bruxelles. Alors qu'un plan était attendu le 10 décembre prochain, le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, annonce qu'il faudra attendre 2026. Favorable à l'objectif initial de 2035, la France demande, elle aussi, beaucoup plus de flexibilité. À moins que le pays se range définitivement derrière l'Allemagne. Mercredi 3 décembre, le ministère des Transports français se disait « ouvert à des flexibilités sur la neutralité technologique et les objectifs fixés par la réglementation en 2035, à condition qu'elles s'accompagnent directement d'incitations réglementaires et financières au maintien et au développement des chaînes de valeur industrielles européennes compétitives dans un monde équitable ».

L'ACEA demande plus de flexibilité

À Bruxelles, c'est donc la flexibilité qui prend le pas. Pour l'association des constructeurs européens automobiles, le passage au 100 % électrique dans la vente de voitures neuves doit se faire progressivement, et insiste pour que toutes les motorisations électrifiées soient autorisées passé 2035. Cela inclurait les voitures électriques, mais aussi les hybrides rechargeables (PHEV), les électriques à prolongateur thermique d'autonomie (REEV) ainsi que les véhicules électriques fonctionnant à l'hydrogène (FCEV). Pour justifier leur demande, ils s'appuient sur les ventes encore balbutiantes de modèles à batterie au sein de l'UE (seulement 15 % des immatriculations au premier semestre 2025), et mentionnent un risque pour les emplois du secteur. Ils militent plutôt pour décarboner la chaîne d'approvisionnement (emploi de matériaux recyclés ou de matériaux à faible teneur en carbone), recourir aux carburants synthétiques, et renouveler progressivement les parcs automobiles nationaux par des modèles électrifiés (ce qui inclut aussi les hybrides). Les discussions se poursuivent, chaque marque attendant avec impatience de savoir à quelle sauce elle va être mangée.

publié le 8 décembre à 06h00, Quentin Pannaud, Media365

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