En quoi consiste l'enquête de l'UE sur les véhicules électriques chinois ?

, publié le 25 octobre

Mi-septembre, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne annonçait l'ouverture d'une enquête commerciale sur les véhicules électriques chinois.

« La concurrence n'est vraie que si elle est équitable ». La présidente de la Commission européenne a pris le taureau par les cornes devant l'hémicycle de Strasbourg, le 13 septembre dernier. En cause, le marché des voitures électriques et la concurrence chinoise qui secouent de plus en plus l'UE. Une enquête antisubventions a été ouverte. Une annonce applaudie côté européen, mais mal vue à Pékin. Que se passe-t-il ?

Concurrence illégale ?

Le problème est le suivant : les modèles électriques chinois, moins chers, arrivent sur le marché européen et bénéficient de subventions. Mais les constructeurs européens n'ont pas les mêmes soutiens. Ils doivent choisir entre vendre leur véhicule à un prix inférieur ou vendre leur véhicule à un prix plus élevé. Dans le premier cas, ils risquent de perdre de l'argent, dans l'autre, une perte de clientèle. La Commission a le droit de définir la politique commerciale de l'UE. C'est pourquoi une enquête est ouverte. L'UE veut comprendre si les aides accordées par la Chine causent un préjudice aux industries européennes.

Relations tendues

Alors que la fin des moteurs thermiques est prévue pour 2035, l'électrique avance à grands pas. Reste maintenant à convaincre les utilisateurs. D'un côté, la Chine assure s'en tenir à un plan national avec des objectifs pour les « véhicules à énergie nouvelle » précis. Les subventions sont justifiées à Pékin, mais l'UE n'a pas le même avis. Plusieurs raisons peuvent expliquer la différence de 20 % entre un modèle électrique européen et chinois. La Chine possède une grande partie du marché des batteries avec des matières premières à disposition : lithium, nickel, cobalt et manganèse. De plus, les droits de douane de l'UE sont faibles, de 10 % pour toutes voitures importées. Aux États-Unis, ils sont de 27,5 % et en Inde de 70 % ; ce qui serait impossible à réaliser pour la Chine. L'UE est attractive et c'est bien là le problème.

Des marques européennes craignent l'enquête

L'enquête va donc durer 13 mois et aura deux issues : soit le maintien des mesures, soit des droits compensateurs sur les voitures chinoises (une compensation sur les droits de douane). D'après la Commission, les marques comme BYD, Nio et Xpeng ont conquis 8 % du marché européen et pourraient obtenir 15 % du marché d'ici 2025 sans intervention de l'UE. Oui, mais voilà, certaines marques européennes exploitent des usines chinoises. C'est le cas de Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz. L'association allemande de l'automobile craint une modification des règles et appelle à la prudence. Le passage à l'électrique serait-il compromis ?

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