Dacia : l'Hipster bientôt assemblée en Chine ?
© Dacia - Luc Lacey, Media365
Dacia prépare une nouvelle micro-voiture électrique, la Hipster, destinée à proposer une mobilité urbaine à prix plancher. Mais le groupe Renault envisagerait de la produire en Chine.
On vous le présentait à la fin de l'année 2025 comme le futur de la mobilité électrique. Dacia dévoilait la Hipster, un modèle simple et accessible, plus compacte que la Spring. Depuis, l'ambition de la marque roumaine est claire : proposer une voiture électrique en dessous des 15 000 euros. « Notre objectif reste de rendre la mobilité électrique accessible au plus grand nombre », a tendance à répéter la direction de la marque. Avec quatre passagers à son bord dans un habitacle de trois mètres de long, le quadricycle veut réitérer le coup de la Logan, 20 ans plus tôt : offrir au public l'un des modèles les plus abordables du marché. Mais derrière cette promesse de « bas prix », une question stratégique se pose.
Dacia vers une production en Chine ?
Pour atteindre ce prix serré, le groupe Renault pourrait s'appuyer sur son outil industriel en Chine, via sa coentreprise avec Dongfeng Motor Corporation, qui assemble déjà la Spring. Un choix d'abord économique. La Chine dispose d'une chaîne d'approvisionnement locale pour les batteries et des coûts de production plus compétitifs. « Nous devons rester cohérents avec le positionnement de Dacia : offrir le meilleur rapport prix-prestations du marché », explique le constructeur. Produire en Europe rendrait difficile l'objectif tarifaire. Mais pourquoi ce choix ?
Un pari industriel
Actuellement, rien n'a été officialisé. Mais si Dacia venait à choisir la Chine comme lieu de production ou d'assemblage, le modèle Hipster pourrait rapidement débarquer sur nos routes. « On en a très envie, il n'y a plus qu'à appuyer sur le bouton », a commenté Katrin Adt, nouvelle PDG de la marque. Elle a d'ailleurs assuré que le développement industriel pourrait durer un an et demi, afin d'envisager un lancement rapide aux environs de 2027. D'autres raisons poussent Dacia à se diriger vers la Chine. Dans un premier temps, le groupe Renault pourrait réutiliser un site déjà exploité par la Spring et qui conduirait peut-être à la fin de cette dernière. De plus, l'Hipster, produit en tant que quadricycle (si c'est le cas), pourrait échapper à certaines taxes frappant les voitures électriques venant de l'Empire du Milieu.
Quels choix pour les consommateurs ?
Alors que l'Union européenne envisage des mesures pour soutenir la production locale de véhicules électriques, le groupe Renault pourrait prendre l'Europe à contre-courant. « Sans compétitivité industrielle, il n'y a pas de voiture abordable », rappelle le groupe. Si Dacia, de son côté, assume sa promesse : « proposer l'essentiel, au prix le plus bas possible », des négociations avec les autorités européennes seraient déjà en cours. Le groupe Renault tenterait de répercuter une éventuelle taxation de la Hipster sur un ensemble de véhicules produits au sein de l'Europe. Reste à savoir si les consommateurs européens privilégieront le tarif attractif... ou l'origine de fabrication.
publié le 13 mars à 05h00, Thibaut Simon, Media365