Citroën : faut-il espérer un retour de la 2CV à la sauce électrique ?
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Citroën : faut-il espérer un retour de la 2CV à la sauce électrique ?
Faut-il croire à un retour de la Citroën 2CV dans une version électrique ? Plus de trente ans après la fin de sa production (le dernier exemplaire est sorti des lignes portugaises de Mangualde le 27 juillet 1990), la petite Citroën est restée un véritable mythe , ancré dans la mémoire collective de plusieurs générations d'automobilistes (votre serviteur a 28 ans et possède une 2CV 6 CT de 1980). Symbole d'une France rurale en mouvement, de la débrouille et de la simplicité, la « Deuche » faisait déjà figure de révolution à sa sortie en 1948. Aujourd'hui, et alors que l'industrie automobile est de plus en plus dominée par la sophistication technologique, Citroën pourrait bien être tenté de faire revivre ce modèle précurseur... sous la forme d'une citadine électrique minimaliste.
Une nouvelle 2CV en préparation ?
Chez Citroën, l'idée n'est pas nouvelle : la marque explore depuis plusieurs années la voie d'un tel modèle. L'Ami, micro-citadine sans permis, et le concept Oli, manifeste technologique qui prône le bon sens et la légèreté, en sont les exemples les plus récents. Une 2CV électrique s'inscrirait naturellement dans cette lignée : une voiture abordable, simple d'usage et pensée pour répondre aux attentes d'un marché européen en quête de solutions accessibles face à la révolution électrique. Elle ne chercherait cela dit pas à copier son ancêtre, mais à en récupérer la philosophie : rendre la mobilité électrique accessible pour tous.
Un modèle taillé pour les « E-Cars européennes »
Techniquement, la future 2CV « E » - si l'on peut déjà l'appeler ainsi - s'appuierait sur la nouvelle catégorie réglementaire des « E-Car », encadrée par Bruxelles pour favoriser les petits véhicules électriques à coût maîtrisé. Citroën viserait ici une voiture compacte, de l'ordre de 3,80 mètres de long pour environ 1 000 kg tout compris, qui aurait une puissance modeste, autour de 70 chevaux, adaptée au trafic urbain et périurbain. L'objectif est d'offrir une voiture légère, efficace et surtout abordable, là où la plupart des citadines électriques flirtent désormais avec les 30 000 €. Citroën espère, selon les bruits de couloir, rester sous la barre symbolique des 20 000 €, voire autour de 15 000 € pour les versions les plus dépouillées.
Des clones chez Fiat et Opel ?
Une telle ambition ne peut se concrétiser qu'en mutualisant les moyens techniques du groupe Stellantis. Une plateforme commune pourrait ainsi servir à d'autres modèles cousins, chez Fiat ou Opel, pour permettre d'en amortir le coût et de diffuser largement cette approche d'« électromobilité populaire ». Dans l'esprit de la 2CV d'antan, cette future citadine serait cohérente avec les attentes du marché : simplicité de conception, fiabilité, réparabilité simple et design moderne, mais sans pour autant rentrer dans le néo-rétro. Reste la question du calendrier. Entre la mise au point des nouvelles normes européennes, les arbitrages industriels et les priorités de Stellantis, la « Deuche » électrique ne devrait pas voir le jour avant la fin de la décennie. Mais, sa seule évocation suscite déjà curiosité... et espoir !
publié le 13 avril à 06h00, Quentin Pannaud, Media365