BYD : ventes en hausse, comptes dans le rouge
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BYD, le géant chinois de l'automobile, qui connaît un développement accéléré en Europe, a vu son bénéfice chuter de 19% en 2025. La stratégie des constructeurs chinois de privilégier le volume au détriment de la valeur unitaire des véhicules est directement en cause.
Depuis qu'il a "chipé" la première place de son marché national à Volkswagen (elle-même supplantée par Geely), le constructeur chinois BYD rêve désormais de devenir le premier constructeur automobile au monde. Pour y parvenir, le groupe BYD peut déjà compter sur quatre marques, aux philosophies et positionnements distincts susceptibles de toucher un très large spectre de clients : BYD, Denza, YangWang et Fangchengbao. Mieux, lui qui contrôle presque entièrement sa chaîne de production (pièces, puces, batteries, navires...) peut se permettre de proposer des voitures suréquipées à un prix particulièrement attractif : l'offensive menée par la marque en France le prouve, et le plan produit annoncé s'annonce tout aussi ambitieux.
BYD vend beaucoup de voitures, mais les vend mal
Seulement, en privilégiant les volumes, BYD a négligé la valeur. Concrètement, cela signifie que le groupe chinois, qui cherche à vendre un maximum de voitures, les vend à un tarif trop faible pour dégager, au global, des bénéfices suffisants. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Si BYD a effectivement augmenté ses ventes de 7,7% en 2025, avec un volume de 4,6 millions de voitures, son bénéfice a, dans le même temps, chuté de 19%, en passant à 4,08 milliards d'euros. Outre les tarifs très compétitifs de ses voitures , BYD fait les frais des nombreuses ristournes et remises qu'il a mises en place sur ses modèles. En Chine, certains prix ont été bradés de 30% du jour au lendemain !
L'objectif : gagner plus d'argent par voiture
Vendre des voitures, c'est bien, mais bien les vendre, c'est mieux ! BYD doit désormais composer avec ce paradoxe, et remettre rapidement et sérieusement ses comptes dans le vert pour rester compétitif. Le groupe, en plus d'augmenter le prix unitaire de ses voitures, risque donc de proposer certains équipements et enluminures non plus de série, mais en option, de réserver certains équipements aux finitions les plus hautes, voire de supprimer certaines versions d'entrée de gamme. Denza et YangWang, ses divisions premium et haut de gamme, devraient en outre faire une entrée accélérée sur plusieurs marchés, pour diversifier les sources de profits et générer davantage de valeur, en rupture avec la stratégie passée qui consistait à faire la course aux volumes.
publié le 17 avril à 05h00, Quentin Pannaud, Media365