Green auto

Borne électrique : la France avance, mais est-ce assez rapide ?

© Shutterstock, Media365

Avec près de 180 000 bornes électriques ouvertes au public, la France dispose de l'un des meilleurs réseaux de recharge d'Europe. Reste à combler ses faiblesses en puissance et en disparités géographiques.

L'équipement du territoire français en bornes de recharge pour véhicules électriques s'est fortement étendu ces dernières années. En septembre 2025, le pays comptait 179 876 points de recharge ouverts au public. La France se classe derrière les Pays-Bas et l'Allemagne, proches à eux deux des 200 000 points de charge. Un équipement, certes développé, mais peut-être insuffisant en tenant compte de la densité et de la puissance des bornes. Une remise en contexte globale est à réaliser.

Quelques faiblesses

La très grande majorité des bornes (72 %) délivrent une puissance inférieure ou égale à 22 kW, et seuls environ 4 % offrent une puissance ultra-rapide (> 150 kW). Le gouvernement vise environ 400 000 bornes publiques d'ici 2030, dont 50 000 bornes rapides, pour mieux accompagner le développement des véhicules électriques. En comparaison avec d'autres pays européens, la France figure parmi les mieux dotés en nombre brut de bornes. Cependant, sur le critère de la puissance ou de la répartition géographique, des faiblesses persistent. Avec 2,7 points de recharge pour 1 000 habitants, la France reste en retrait par rapport à ses voisins européens les mieux équipés, comme les Pays-Bas (11,1/1 000), le Danemark (7,9/1 000) ou la Suède (5,6/1 000). Sur le réseau routier, l'écart se creuse encore : la France affiche une densité bien inférieure à celle de l'Allemagne (0,9 borne tous les 10 km), de la Belgique (1,3) ou des Pays-Bas (2,6). Résultat ? À peine 0,3 borne pour 10 km en moyenne dans l'Hexagone.

Une répartition inégale, mais optimiste

La France présente un réseau public de recharge électrique bien développé, avec une croissance rapide, ce qui lui permet d'être dans le peloton de tête européen. Mais le défi reste de passer à l'échelle supérieure : augmenter la part des bornes à haute puissance, réduire les inégalités territoriales de couverture et améliorer la répartition pour les trajets longue distance. Les régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes possèdent par exemple près de 30 % du réseau français. Néanmoins, Clément Molizon, délégué général d'Avere-France, se veut rassurant. « Plus de 80 % des recharges se font à domicile et au travail. Il n'y a donc pas de nécessité à poursuivre le déploiement des bornes de recharge publiques à un rythme effréné (...) ». L'écart avec les meilleurs États européens se joue désormais surtout sur la vitesse de déploiement des bornes ultra-rapides et la densité relative par rapport au nombre de véhicules électriques.

publié le 10 novembre à 06h00, Thibaut Simon, Media365

Liens commerciaux