Batteries électriques : une production trop polluante pour être totalement écologique ?
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Une étude du cabinet P3 met en lumière les principaux facteurs de pollution liés à la fabrication des batteries électriques. Entre cathodes trop énergivores, choix de matériaux et empreinte carbone, la filière doit encore se réinventer pour être réellement durable.
« Construire un véhicule électrique durable ». Le rapport P3, cabinet spécialisé sur les questions des technologies du futur et leur impact, s'est posé la question de la pollution des batteries électriques. En effet, le sujet revient souvent sur la table en raison des matériaux utilisés et des matières premières importées pour concevoir le cœur des véhicules électriques. En cause, les rejets de gaz à effet de serre dans le processus de fabrication. D'après le rapport, la cathode serait responsable d'une pollution anormale dans cette fameuse chaîne de production.
C'est quoi une cathode ?
Pour bien comprendre le problème soulevé dans ce rapport technique, il faut s'intéresser à la cathode. Cet élément est le cœur des cellules d'une batterie, là où se produit le transport des ions. La cathode, appelée également site de stockage, est l'une des deux électrodes avec l'anode. Selon les cellules utilisées, il semblerait que la cathode soit plus polluante dans un cas que dans l'autre.
Les batteries lithium-ion nettement moins polluantes ?
Dans la conception des batteries électriques, deux compositions chimiques sont principalement utilisées sur le marché. On retrouve les batteries avec les cellules LFP (lithium-phosphate de fer) et les batteries avec les cellules NMC811 (nickel-manganèse-cobalt). Si les cellules LFP sont moins chères et reposent sur l'extraction du carbonate de lithium en Amérique du Sud et du phosphate de fer en Chine, les cellules NMC811, quant à elles, sont plus énergivores. Les matières premières viennent d'Australie, d'Afrique ou encore d'Asie. Elles sont certes plus performantes, le rapport sur leurs émissions de CO2 est sans appel. 38 kilogrammes de CO2 par kWh contre 15 kg seulement pour les cellules LFP.
Quelles solutions à l'avenir ?
En conclusion, les cellules LFP sont plus respectueuses de l'environnement en tenant compte d'un ensemble de paramètres. C'est d'ailleurs celles-ci qu'on retrouve sur des modèles comme la Volvo EX30. Pour réduire davantage l'empreinte CO2 des batteries, le rapport P3 préconise par exemple l'utilisation d'énergies vertes dans la chaîne de production. Enfin, le passeport batterie, obligatoire en Europe à partir de 2027, obligera également à plus de transparence sur la conception des batteries.
publié le 1 septembre à 14h05, Thibaut Simon, Media365