BMW i8 Roadster

Les photos de l'essai
BMW i8 Roadster
21

publié le 14 janvier

Avec 15 000 unités vendues depuis son lancement commercial, au printemps 2014, l'i8 a connu un succès mitigé. Pour relancer la carrière de ce dream-car des rues, BMW le décline en roadster et à cette occasion lui offre quelques évolutions. Pas trop tôt ! La puissance du moteur électrique passe de 131 à 143 ch, le 3-cylindres de 1,5 l restant à 231 ch. L'ensemble développe désormais 374 ch contre 362 auparavant. C'est bien, mais on espérait mieux, surtout vu le poids dépassant les 1 600 kg. Les performances ne progressent donc pratiquement pas. Dans le même temps, l'autonomie électrique passe de 35 à 53 km grâce à des batteries de 11,6 kWh contre 7,7, ce qui s'accompagne de nouvelles jantes et de coloris inédits. Mais plus important, le toit s'envole. Pour le rendre amovible, a-t-il fallu faire du neuf à la coque ? Oui, sous la forme de renforts qui, ajoutant près de 50 kg au poids total de la voiture, ne doivent pas être des mouillettes. Ensuite, toute la partie supérieure de la carrosserie, du pare-brise à la poupe, a été redessinée, sans dénaturer le moins du monde la ligne spectaculaire. Enfin, le places arrière cèdent la place à des rangements ainsi qu'au bac de la capote, qui se déploie ou se replie en 15 secondes. Les portes en élytre ainsi que le seuil demeurent assez large, compliquant l'accès à bord. Là, la sellerie ne bénéficie toujours pas d'assises extensibles, si agréables sur long trajet. On se console avec l'écran central devenu tactile et très plaisant à utiliser. Mais des assistances à la conduite pourtant basiques manquent toujours à l'appel : régulateur de vitesse actif, avertisseur d'angle mort, aide au maintien de file... Les rétroviseurs ne se rabattent même pas électriquement, malgré les près de 2 m de large !

Roadster hybride mais toujours pas survolté

Malgré toutes ces réserves, on apprécie l'excellente position de conduite, la très bonne visibilité vers l'avant ainsi que la grande impression d'espace à bord, toit fermé. L'ambiance est relaxante, et aux premiers tours de roues, elle le demeure. Et pour cause : c'est le moteur électrique, logé à l'avant, qui entraîne l'i8. Quasi inaudible, il fait aussi de la BMW la seule supercar traction, temporairement certes, et uniquement jusqu'à 120 km/h. On peut obliger la voiture à rouler en tout électrique, sans que le bloc thermique n'entre en action, en sélectionnant le mode zéro émission.

Seulement, cette GT se destine à la route et l'autoroute. Et fatalement, le 3-cylindres essence s'éveille, faisant éclater cette bulle de sérénité. Car malgré tous les efforts de BMW pour en modifier la sonorité, celle-ci reste désagréable, et s'accompagne de vibrations malvenues. Mieux vaut alors décapoter. Toit ôté, le bruit de l'air noie quelque peu celui du moteur et le rend plus tolérable. De surcroît, les remous sont bien contenus, ce qui profite à l'agrément général. Grâce au chauffage des sièges et du cockpit très efficace, on peut rouler ainsi en plein hiver sans avoir froid. L'adaptation est donc tout à fait réussie.

Si on note de légères vibrations de caisse, les qualités dynamiques sont préservées. Le châssis régale toujours par son équilibre, la direction, précise, remonte très bien les informations, l'amortissement est adéquat quel que soit le mode de conduite engagé et, malgré la faible largeur des pneus, ni l'adhérence ni la, motricité ne sont critiquables. La BMW i8 roadster est à l'aise partout, dans les virolos bosselés comme sur autobahn, pour peu qu'on ne la brusque pas. Une belle mise au point, même si on aurait aimé un comportement un poil moins sous-vireur à la limite. Quant au freinage, son efficacité s'avère redoutable.

Les performances ? Elles sont suffisantes, pas violentes. En mode Sport, le bloc thermique fonctionne en permanence et assure des accélérations très vigoureuses, en même temps que s'affermissent les amortisseurs. Mais les amateurs de férocité devront aller voir ailleurs. La boîte se montre rapide, et réagit promptement aux injonctions sur les palettes, même si elle refuse parfois des passages de rapport mécaniquement possibles.

En modes Comfort ou EcoPro, toute la voiture s'adoucit, le silence revient en partie, et la consommation moyenne baisse drastiquement, alors que les batteries se rechargent moins vite. On se surprend à chercher à optimiser la recharge de la batterie et on a la satisfaction de voir la consommation moyenne chuter sous les 8 l/100 km. Les 2 l/100 km annoncés sont évidemment risibles, mais le résultat réel n'en constitue pas moins un tour de force.

Avis de la rédaction sur BMW i8 Roadster
15.4/20
Si la BMW i8 n'offre toujours pas les performances ravageuses que sa ligne suggère, les sensations qu'elles distille, très particulières, collent parfaitement à son look de concept-car. En version Roadster, la BMW devient même plus pertinente encore car ce type de carrosserie, incitant à la flânerie, est celle qui convient le mieux à sa nature en réalité assez débonnaire, loin du caractère bouillant des M. C'est une auto plus intellectuelle que viscérale, qu'il faut apprendre à découvrir, au propre comme au figuré. En réalité, parmi toutes les GT du marché, c'est certainement la plus adaptée à l'air du temps : elle s'y épanouit, le rend presque tolérable, quand les autres s'y montrent frustrantes car inexploitables. Et ça, ce n'est pas la moindre de ses qualités !
Conversion en roadster réussieChâssis plaisantConsommation exceptionnellement basseLook d'enferConfortHabitacle spacieuxPerformances suffisantesAutonomie électrique réalistePas de concurrence
Sonorité moteur très désagréableManque d'équipements technologiquesévolutions techniques limitéesUn peu de sous-virageCoffre trop petitAccès à bord peu aisé
Les chiffresPrix157 050 €Puissance374 ch à 0 tr/min0 à 100km/h4.6 sConso mixte2.1 l/100km
Notes de la rédactionAgrément de conduite14/20Sécurité active et passive17/20Confort et vie à bord14/20Budget15/20

Vos réactions doivent respecter nos CGU.