ALFA ROMEO Tonale 1.5 130 ch

Les photos de l'essai

, publié le 15 juillet

Entre l'identité forte de la marque Alfa Romeo, l'esprit sportif que les amateurs de la marque réclament, et l'énorme ambition que le groupe place sur ce modèle, le nouvel Alfa Romeo Tonale ne démarre pas sa commercialisation de manière complètement sereine. Son lancement plusieurs fois retardé, notamment avec la création du groupe Stellantis n'a pas contribué à une naissance pour le moins attendue. Mais avec ce nouveau-né enfin arrivé, l'heure est au bilan. Sera-t-il à la hauteur des attentes des amateurs ? Peut-il convaincre les acheteurs du segment ? Et surtout, remettra-t-il Alfa Romeo dans une course que la marque semble plus subir qu'autre chose ?

L’atout charme

Avec ses 4,67 m, le Tonale fait plutôt partie des costauds de la catégorie ( 4,41 m pour un Mercedes GLA ou 4,48 m pour un Audi Q3). Des proportions qui ne lui empêchent pas d'être plutôt aguicheur avec des lignes à la fois tendues et galbées. Le regard, très fin, est typique d'Alfa Romeo, tout comme les jantes 20 pouces de notre modèle d'essai (les fameuses « fer à cheval »). A l'arrière le Tonale inaugure le bandeau lumineux reliant les feux, mais se passe de toute sortie d'échappement démonstrative. Il faut dire que, pour le moment, l'italien se contente de deux motorisations plutôt modestes. A savoir un 1.3 décliné en 130 ch (microhybride) et 160 ch (hybride). A bord, le Tonale conserve l'ambiance chaleureusement sportives des autres modèles de la gamme. Le volant accueillant le bouton de mise en marche, les grandes palettes derrière le volant sont en métal, les aérateurs optent pour une forme bien ronde et la double casquette recouvrant le tableau de bord se veut plus sportive. Si l'ambiance est plutôt réussie et la qualité perçue convaincante, certains détails de finitions viennent à rappeler que l'italien ne connaît pas encore la rigueur germanique.

S'il débarque aujourd'hui sous le giron du grand groupe Stellantis, le développement du Tonale débuta avant que FCA (Fiat Chrysler Automobile) ne fusionne avec PSA. On aurait évidemment préféré que l'italien profite des soubassements, toujours très actuels, du Peugeot 3008. A la place, le Tonale devra se contenter de la base technique des Jeep Renegade et Fiat 500X. Deux modèles qui ne sont pas forcément reconnus pour leurs prestations dynamiques. Mais chez Alfa Romeo, on nous l'assure, cette plateforme a été tellement modifiée qu'on l'on pourrait presque parler de nouvelle base technique. Tout a été revu : la rigidité du châssis, les trains roulants, la calibration de la direction... Le tout pour procurer un toucher de route purement Alfa. Une mission à moitié relevée.

Pour la découverte du Tonale, nous prenons le volant de la version la plus modeste, donc le 1.3 de 130 ch qui doit compter sur un couple de seulement 240 Nm. Pas de quoi révéler l'instinct promis sportif du Tonale. Mais c'est surtout le manque de dynamisme global qui déçoit, entre une direction trop légère et mal centrée, une motorisation timide en reprise et une boîte automatique pas assez rapide pour donner un regain de forme à la mécanique tout juste suffisante.

Cela fait-il du Tonale un SUV insipide à conduire ? Pas totalement. Surtout si l'on garde en tête la plateforme qui lui sert de base technique. Les équipes de développement maison ont manifestement effectué un travail à saluer pour rendre ce SUV plus engageant à mener. Mais le Tonale souffre là de son blason, qui l'obligeait presque à se placer d'office, à l'image des Giulia et Stelvio, comme la référence de son segment. Une reconnaissance réellement nécessaire ? Pas vraiment non plus. Ses frères et sœurs de gamme ont été imaginés en ce sens, sans que les Alfistes, probablement pas assez nombreux, ne soient au rendez-vous.

Alfa Romeo a-t-il finalement opté pour la bonne stratégie ? Évidemment, on pourrait regretter que ce Tonale soit moins une Alfa qu'attendu. Mais ces derniers n'ont pas rencontré le succès escompté. La marque aurait-elle avait visé trop étroit ? S'il faut donc plaire au plus grand nombre, alors ce Tonale réussi sa mission. Avec une ligne plutôt démonstrative, un intérieur suffisamment valorisant, un comportement routier plutôt dynamique si l'on compare à certains rivaux et des motorisations qui font la part belle à la sobriété. Par ailleurs, le Tonale a fait de l'habitabilité un point fort que l'on n'attendait pas forcément. Avec un deuxième rang vraiment spacieux, même pour deux adultes, et un coffre de 500 litres qui le place dans la bonne moyenne de la catégorie. Par ailleurs, les tarifs compris entre 35 400 et 44 900 €, avec premier niveau de finition déjà bien doté (connectivité smartphone, feux AV et AR full LED, boîte automatique, écran tactile 12,3 pouces) plaident en sa faveur. Un esprit économique bien pensé, qu'on n'attendait pas forcément de la part d'une Alfa Romeo, d'autant plus que ce Tonale est le plus généreux des premiums en termes de garantie (5 ans ou 200 000 km). Et si le label italien parle encore de sportivité, peut-être que cela concernera la future version PHEV qui sera créditée de 275 ch au total.

Avis de la rédaction sur ALFA ROMEO Tonale 1.5 130 ch
11.4/20
Séduisant, bien pensé et spacieux, le Tonale a de quoi séduire une nouvelle clientèle. D'autant plus que ses tarifs bien placés et sa garantie de 5 ans sont de reels arguments. Reste la partie dynamique, qui laissera sur leur faim bon nombre d'amateurs de conduite.
HabitabilitéStyleTarifs
Dynamisme décevantTransmission lenteQuelques détails de finition
Les chiffresPrix35 400 €Puissance130 ch à 5750 tr/min0 à 100km/h9.6 sConso mixteN/C
Notes de la rédactionAgrément de conduite10/20Sécurité active et passive0/20Confort et vie à bord13/20Budget13/20

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