Dossier

Voitures neuves : pourquoi l'audace ne paie pas ?

Trop banales nos voitures actuelles ? A en croire nombre d'automobilistes, les constructeurs ne sont, effectivement, guère portés sur l'originalité. A en voir les chiffres de ventes de la plupart des modèles qui « sortent des clous », on comprend pourquoi.

2. Division naturelle

publié le 16 février

Echaudés par les nombres échecs de modèles voulus originaux, les constructeurs en sont arrivés à la conclusion que l'excentricité esthétique rimait avec clivage. Ce n'est pourtant pas toujours vrai. Des autos aux lignes typées telles que l'Alfa Romeo Brera, la Citroën SM, le Peugeot RCZ ou encore la Volvo C30 sont considérées comme belles par quasiment l'ensemble de la population et n'ont pourtant pas rencontré le succès sur le plan commercial. Chacune pour une raison différente. En ce qui concerne l'Alfa, il s'agit d'un décalage en ce qui était alors l'image de la firme et les tarifs affichés, dignes de ceux des rivales allemandes. Si la SM est arrivée sur le marché à un moment peu opportun, le début de la crise pétrolière, c'est sans doute le manque de légitimité de Citroën sur le segment du coupé GT qui l'a le plus empêchée de rencontrer son public, nombre de ses rivales au blason plus prestigieux ayant réussi à survivre. Sa lointaine cousine, la Peugeot RCZ est, pour sa part, elle aussi arrivée à un autre moment inopportun, celui où les coupés voyaient leur part de marché fondre année après année, les acheteurs en quête de voiture différente leur préférant alors une nouvelle catégorie en plein essor, celle des SUV. Enfin, la Volvo C30 était sans doute trop décalée. Par rapport à la clientèle traditionnelle de la marque d'une part, et en ne proposant qu'une variante 3 portes d'autre part alors que le succès de sa principale rivale, l'Audi A3, s'est largement basée sur les déclinaisons 5 portes puis Sportback.

Il est toutefois une autre raison qui explique, sans doute dans la majeure partie des cas d'ailleurs, le désintérêt des automobilistes pour les voitures originales : le besoin de discrétion. A une période où l'automobile est souvent montrée du doigt car considérée, parfois à tort, comme la source de nombreux maux tels que la pollution, mieux vaut, pour la majorité, ne pas s'afficher dans un modèle repérable au premier coup d'œil. Une donnée qui est encore plus vrai pour les habitants de petites communes, où une voiture « tape-à-l'œil » serait immédiatement repérée par le voisinage. C'est ce qui explique aussi le choix de couleur majoritairement effectué par les acheteurs de véhicule neuf : le gris, le blanc et le noir arrive, largement, en tête des teintes les plus plébiscités. Un besoin de discrétion qui semble aller, c'est un comble, jusqu'à envahir les habitacles de nos montures, presque toujours choisis en noir. On comprend donc mieux les constructeurs lorsqu'ils justifient leurs palettes de coloris par un « les couleurs vives ne se vendent pas ».

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Alfa Romeo Brera
Alfa Romeo Brera
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© D.R.

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