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2021 : année cruciale pour les constructeurs français

L'année qui s'annonce sera pleine de défis pour PSA et Renault. Il faudra, bien sûr, faire oublier la crise sans précédent connue en 2020 mais également porter de nouveaux dossiers vers le succès. Leur survie pourrait en dépendre.

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1. Deux groupes, deux types de problèmes

Deux groupes, deux types de problèmes©D.R.

publié le 8 décembre

Si, au premier coup d'œil, les deux groupes automobiles français ont, ces dernières années, largement grossi, dans le détail, cette apparente réussite cache de nombreux soucis.

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Pour PSA, donné pour quasiment mort au début de la précédente décennie, la dépendance au marché européen est un problème de fond. En 2019, plus de 80% des ventes du groupe se sont faites sur le Vieux Continent. Pour assurer la pérennité de Citroën, DS Automobiles, Opel/Vauxhall et Peugeot, il devient urgent de faire tendre cette donnée vers 50%. Par ailleurs, si Peugeot se porte bien, Citroën et Opel/Vauxhall sont en phase de reconquête, ce qui ne vas pas sans difficultés. Quant à DS Automobiles, si le succès des DS 3 Crossback et DS 7 Crossback redonne un peu d'air à cette marque premium, il devra se confirmer dans le temps, ce que n'ont pas su faire les premières modèles de la marque, les DS 3, DS 4 et DS 5. Par ailleurs, il faudra rapidement compléter l'offre pour atteindre le point d'équilibre, c'est-à-dire le moment où ce label sera vivable par lui-même. Le n°1 français a également pris du retard sur l'électrification de ses gammes avec des modèles 100% électriques qui débutent tout juste leur carrière, une offre hybride rechargeable assez élitiste et pas de full-hybrid ni d'hybridation légère. Des manques qui pourraient coûter cher au moment où l'Union Européenne commence à taxer lourdement les émissions de CO2.

Chez le groupe Renault, composé d'Alpine, Dacia, Lada, Renault et Samsung Motors, il est urgent de faire oublier la fin de l'ère Ghosn. Si l'arrivée de Luca de Meo à la tête du groupe est de bon augure, tout, ou presque, reste à faire. Ainsi, maintenant que les relations avec l'allié Nissan se sont améliorées, il va falloir accélérer les synergies. Ainsi, il est incompréhensible que la plateforme CMF soit quasiment le seul lien visible entre les gammes des deux groupes après plus de 20 années de collaboration. Si l'on regarde les résultats de marques dans le détail, l'inquiétude n'est pas vraiment de mise pour Dacia, qui a renouvelé l'un de ses modèles phares, la Sandero, il y a quelques semaines et s'apprête à rafraichir le second, le Duster. Chez Lada, la situation est préoccupante avec une gamme encore largement construite sur des bases datant d'avant le rachat par le Losange. A ce jour, seule la Largus, une Dacia Logan MCV de première génération, fait exception à cette règle. Quant à Renault, il souffre du manque de succès de ses modèles de milieu (Scénic, Kadjar et Koleos) et haut de gamme (Talisman et Espace). Les ventes d'Alpine sont, pour leur part, en chute libre et la production divisée par deux. Enfin, Samsung Motors grapille, peu à peu, des parts de marché dans son pays d'origine, la Corée du sud, mais son succès est à des années-lumière de celui de ses compatriotes, Hyundai et Kia.

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