Trottinette électrique à Paris : les jeux sont faits

Trottinette électrique à Paris : les jeux sont faits
Trottinette Electrique à Paris. Crédit photo : AMAM
A lire aussi

publié le 25 avril

Il n'était pas nécessaire d'avoir fait HEC, l'ENA et Polytechnique pour imaginer que la mise en service de trottinettes électriques en free floating allait vite se transformer en cauchemar. Il faut dire que si l'on s'en tient aux textes, elles n'ont le droit de circuler nulle part. Forcément, elles n'entrent dans aucune catégorie du code de la route. Voir à ce sujet notre article "Trottinettes électriques, monoroues, gyropodes... Le point sur la législation.

Et qui pouvait croire un instant au civisme des utilisateurs quant à leur stationnement ? Il n'aura pas fallu deux jours pour commencer à voir des Fangio débouler à fond les ballons sur les trottoirs, slalomant entre les vieux, les poussettes, les crottes sous le regard amusé des rats. Et ce n'est vrai que pour les moins téméraires. Les autres, les intrépides, on a commencé à les voir surfer l'asphalte, survoler les pavés et bondir au-dessus des nids de poule (à moins que ce ne soit d'autruche). Et tout cela, coincés entre les scooters, motos, vélos, voitures, camionnettes, camions, bus et autres cars de tourisme englués dans ce qu'est devenu Paris, un enfer.   

La Mairie de Paris appelle Edouard Philippe au secours... Totalement dépassée par les événements (accidents en tout genre, trottinettes jonchant les trottoirs...), la mairie de Paris a, de son aveu même, « très vite alerté le gouvernement sur cette situation préocupante » qu'elle a contribué à créer en autorisant le déploiement de ces engins.

« Malheureusement, ce projet de loi, initialement prévu à l'automne 2018 puis reporté au printemps 2019, n'est toujours pas voté » peut-on lire sur le site de la Mairie de Paris qui vient d'envoyer un courrier au Premier Ministre « pour souligner l'urgence de ce texte législatif, également demandé par de nombreuses autres villes de France ... pour créer un cadre juridique clair qui donne véritablement aux communes les moyens d'agir. »

Il faut dire que depuis l'été dernier, on a déjà déployé 15.000 trottinettes électriques en free floating. « Un chiffre en croissance constante qui pourrait atteindre les 40 000 d'ici la fin de l'année » peut-on encore lire sur paris.fr. 

... mais prend déjà des mesures, à commencer par une redevance Pour réguler cette invasion, la municipalité de Paris a instauré une redevance pour les entreprises qui propose des trottinettes électriques à la location. Une somme qui varie de 50 à 65 euros par trottinette en fonction du nombre total en circulation.

Pour sensibiliser encore un peu plus les opérateurs, elle a élaboré avec eux une charte de bonnes pratiques, qu'ils sont invités à signer d'ici fin mai. D'aucuns pourraient s'étonner que ce ne se soit pas déjà le cas s'ils ont participé à son écriture. Des zones de stationnement spécifiques vont être créées. Elles seront délimitées par un marquage au sol. La mairie annonce 2500 places d'ici la fin 2019. Elles ne sont pas encore créées qu'il en manque déjà 37.500 si l'on arrive bien à 40.000 trottinettes déployées dans Paris d'ici la fin de l'année.

Pour le moment, elles ne seront pas obligatoires mais dès lors qu'une trottinette est gênante pour la circulation des piétons, on peut maintenant être verbalisé à hauteur de 35 euros. Il ne faudrait pas que des petits plaisantins s'amusent à les jeter en travers des trottoirs après que vous vous l'ayez sagement stationnée dans un endroit où elle ne gênait pas. D'ailleurs, soit dit en passant, on constate que la gêne est manifestement un concept à géométrie variable puisqu'un deux-roues stationné contre un mur sur un trottoir de 5 m de large est pratiquement toujours considéré comme gênant. Enfin, la circulation des trottinettes électriques sur un trottoir est maintenant interdite et son utilisateur s'expose à une amende de 135 euros.

Toutefois, le site de la maire de Paris ne dit pas si on peut être verbalisé même si on n'utilise pas le moteur et que l'on avance juste à la force du mollet. Il serait intéressant de le spécifier. Car après tout, qu'elle différence y a-t-il entre un usager en trottinette électrique et autre un usager de trottinette non électrique, tous deux lancés à 15 km/h, lorsqu'ils percutent un bébé dans une poussette ? 

Voir le site de la mairie de Paris

Vos réactions doivent respecter nos CGU.