Triumph Trident 660 2021 : le trois cylindres aux dents longues

Chargement en cours
Nouvelle Triumph Trident 660 2021
Nouvelle Triumph Trident 660 2021
1/60
© motoservices.com

publié le 16 novembre

Ne nous méprenons pas ! Ce n'est pas parce qu'il dégaine un nom rétro que Triumph va nous refaire le coup de la Bonneville et de la néo-classique qui plait aux hipsters de bonne famille. Cette Trident là, elle est résolument moderne, n'en déplaise à son réservoir aux formes un tantinet rondouillardes, et qui, de loin, pourraient entretenir la confusion.

Pourtant, Triumph et la Trident, c'est une longue histoire, qui remonte à 1968, au lancement des premiers trois cylindres en ligne de la marque, avec le duo Triumph Trident T 150 et BSA Rocket III, utilisant le même moteur (mais pas incliné de la même façon dans le cadre, on aimait la simplicité à l'époque), jusqu'à leur disparition du catalogue en 1975, non sans avoir signé 5 victoires au fameux Tourist Trophy de l'Ile de Man entre temps. Les Trident, 750 et 900, furent aussi essentielles dans le renouveau de la marque anglaise au tout début des années 70 et ont installé à nouveau le moteur trois cylindres, au caractère et à la sonorité inimitables, comme pilier de la moto britannique.

Et pour son retour aux affaires, la Trident de 2021 a une ambition monstre : celle de déloger les Honda CB 650, Kawasaki Z 650 et Yamaha MT-07 de leur piédestal. Une triplette qui a représenté près de 8600 ventes à fin septembre 2020 en France. 

Tout nouveau tout beau Ne vous méprenez pas non plus sur la cylindrée. Triumph nous sort une « entrée de gamme » qui cube 660 cm3, soit comme la Street Triple S 660 A2, essayée par votre serviteur mais aussi et surtout par notre bleu-bite de cameraman à qui elle est d'abord destinée. Mais que les esprits chafouins ne s'échauffent pas trop vite : la Trident 660 n'est pas une Street Triple S dépouillée. En effet, moteur, concept, style, tout est nouveau ! 

Commençons par le style : la moto est à la fois simple et élégante, racée et compacte, avec quelques attentions qui font plaisir à la rétine et qui s'inscrivent dans la politique suivie de Triumph, avec succès depuis quelques années, de concevoir des motos à la présentation irréprochable. Cette Trident ne fait pas exception : regardez les logos stylisés sur le réservoir, le phare à LEDs, le feu arrière intégré dans la coque, les petits badges que l'on trouve sur le bouchon de réservoir, le tableau de bord, les optiques... Le tableau de bord TFT (affichage blanc sur fond noir), les assistances électroniques (deux cartographies moteur, un contrôle de traction déconnectable, un ABS non déconnectable mais avec deux niveaux de sensibilité), tout cela la rend très attirante. Sur les quatre coloris proposés, les deux constrastés (noir et rouge, noir et argent) demanderont un supplément par rapport aux deux unis, noir ou blanc. 

Côté moteur... Si la cylindrée est commune avec une Triple S, c'est aussi parce que les marchés d'Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande notamment) en font une limite pour les jeunes permis. Néanmoins, ces deux moteurs n'ont plus grand chose à voir : les cotes sont différentes (on passe de 76 x 48,5 mm sur la Street à 74 x 51,1 mm sur la nouvelle Trident), tout comme les pistons, le vilebrequin, le taux de compression, la culasse, l'embrayage (commande à câble), les mécanismes de sélection de boîte de vitesses, tout est nouveau. 

Côté chiffres, on est sur 81 chevaux à 10250 tr/mn, mais aussi et surtout 64 Nm à 6250 tr/mn, sachant que 90 % du couple forme un plateau entre 3600 et 9750 tr/mn. On devrait donc avoir un moteur vraiment disponible et offrant toute l'élasticité que l'on attend d'un trois cylindres, la Trident délivrant même plus de couple à bas régime que la Street Triple S. 

La version A2 développera 47 chevaux à 5250 tr/mn, et ne perdra pas beaucoup en couple, avec 59 Nm à 5250 tr/mn également. Le bridage fait appel à du software électronique, ainsi qu'à une autre poignée d'accélérateur - by wire, évidemment. Bien entendu, ce bloc est Euro 5.

Côté châssis Là non plus, Triumph n'a pas repris le cadre (en aluminum) de la Street Triple, mais a conçu une nouvelle unité en aluminium, mais le bras oscillant reste en acier, ce qui explique la prise de poids  en partie compensée par une selle perchée à 805 mm, et qui se veut fine à l'entrejambe, pour une bonne prise en mains. Avec les pleins (le réservoir compte 14 litres), la Trident reste toutefois sous la barre des 190 kilos, avec 189 kilos TPF. 

La géométrie est sensiblement différente, avec un empattement un peu plus court, compensé là aussi par un angle de chasse un peu plus ouvert (23,6 au lieu de 23,3°), tandis que le rayon de braquage reste identique à celui d'une Street Triple. Côté composants de partie cycle, c'est plus conventionnel : fourche inversée Showa avec 120 mm de débattement, mono-amortisseur Showa réglable en précharge et débattant sur 133,5 mm. Côté freins, c'est du Nissin avec des étriers 2 pistons pinçant des disques de 310 mm à l'avant, un système qui semble équivalent à celui de la Street Triple S, et qui ne se distingue pas par un mordant phénoménal... mais l'on n'oubliera pas qu'il s'agit d'une « moto d'accès ». Enfin, la monte pneumatique joue la sécurité avec des Michelin Road 5. 

Côté tarif Selon Triumph, jamais un moteur n'avait fait l'objet de tant de tests : près de 800 000 kilomètres d'essais, 3300 heures sur la route, 1500 km à fond, 32000 km de pistes, voici ce que se sont infusé les développeurs. De fait, Triumph annonce les coûts d'utilisation les moins élevés du marché, avec des révisions tous les 16 000 kilomètres. Ajoutez à cela un tarif de 7995 EUR, pas mal placé en regard des 8249 EUR d'une Honda CB 650 R, même si les twins sont un peu moins chers, avec une Kawasaki Z 650 à 7299 EUR et une Yamaha MT-07 à 7099 EUR, et vous obtenez une machine séduisante à bien des égards. Et la Street Triple S 660 A2 reste toutefois au catalogue. 

Une vaste ligne d'accessoires est également proposée : bagagerie (sacoches de réservoir, sacoche de selle), poignées passager, protections diverses, alarme avec Tracker, poignées chauffantes, shifter, de la connectivité au tableau de bord (GoPro, GPS, musique, téléphone...), il y a de quoi se faire une Trident à la carte, avec un prix de départ commençant à 7995 EUR. 

La moto sera en concession fin janvier 2021. Nous avons hâte de l'essayer. Et vous ? 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.