Marché de la moto 2018 : Infos et réflexions

Marché de la moto 2018 : Infos et réflexions
chiffres et réflexions sur le marché de la moto 2018

publié le 31 janvier

2018 fut une belle année pour la moto en général : avec des immatriculations en hausse de 8,7 %, à 168 000 motos vendues, le marché a retrouvé un peu de vigueur et cela ne peut que bénéficier à tous les acteurs. Et ce d'autant que tous les segments de marché sont en progression, y compris les 125, à l'exception notable du marché des cyclos et 50 cm³, en chute de 32 %, victime des vélos à assistance électrique mais aussi âˆ' et c'est inquiétant pour la relève âˆ' d'un désintérêt croissant des ados pour le deux-roues motorisé.

La France reste le premier marché européen de la moto Cette réunion des principaux acteurs fut l'occasion de dresser un tableau plus large de notre secteur et d'évoquer quelques perspectives. D'abord, la France reste le premier marché européen de la moto, ce qui constitue un autre motif de satisfaction, d'autant que d'un point de vue économique, l'effet "gilets jaunes" du ralentissement de l'économie sur la fin de l'année ne s'est pas fait sentir dans les concessions, les motos livrées ayant souvent été commandées avant la crise ; il faudra cependant être vigilant sur le début de l'année 2019. Néanmoins, en remettant les choses dans leur contexte, le marché européen représente dans son ensemble un volume d'un million de machines ; ceci à mettre en parallèle avec le Japon (300 000 motos) et les USA (400 000, un chiffre finalement assez bas au vu de la population et du pouvoir d'achat). Par contre, la Chine représente 15 millions d'unités et l'Inde pas moins de 22 millions ! 

Les marchés "émergents" vont changer la donne Certes, Chine et Inde laissent encore la part belle aux toutes petites cylindrées et aux mini scooters électriques. Néanmoins, tous les constructeurs assistent à une émergence de la classe moyenne et, forcément, les volumes de vente sont sans commune mesure avec ce qui existe en Europe. Autre paramètre : ces marchés évoluent avec une augmentation de catégorie tous les trois ou quatre ans. Ceci pour dire qu'il y a 10 ans, la classe moyenne considérait qu'une 150 cm³ était une grosse moto. Puis cela a été une 225 ; puis une 300. Dans cinq ans, ce sera des 500 ou des 600.

Cela a une incidence : il y a 10 ans, les constructeurs avaient trois divisions dans leur département de "product planning", une pour les USA, une pour l'Europe et une pour le reste du monde. Cela va changer et on va assister de plus en plus à l'émergence de motos "mondiales", qui seront vendues à l'identique sur tous les marchés ; ne serait-ce que parce que les pays émergents se dotent aussi de normes environnemantales au moins aussi strictes que l'Occident. À titre d'exemple, l'Inde adoptera en même temps que l'Europe une norme qui sera aussi sévère qu'Euro 5.

De fait, les volumes de production sans commune mesure permettraient d'imaginer une baisse des coûts : c'est le cas, par exemple, des Royal Enfield 650 Interceptor, des motos simples et modernes, affichées de 3 à 4 000 euros moins cher que leurs principales concurrentes. 

Un contrôle technique en 2021 et le malus en 2020 La Chambre Syndicale a également précisé qu'elle ne voyait pas de menaces particulières arriver sur le petit monde de la moto. Il y a bien des discussions pour que les bottes soient obligatoires mais il faudrait pour cela réussir à homologuer les petites chaussures montantes façon "basket moto" comme élément de protection individuelle. L'airbag n'a pas (encore) vocation à devenir obligatoire, le délégué interministériel à la Sécurité Routière, Emmanuel Barbe, s'y est engagé. Par contre, le système de bonus / malus "écologique" va être appliqué à la moto dès le 1er janvier 2020 et le contrôle technique sera, sauf contre-ordre, imposé en 2021.

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