Le Brexit, quelles conséquences pour les motos anglaises ?

Le Brexit, quelles conséquences pour les motos anglaises ?
Le Brexit, quelles conséquences ?

publié le 26 février

Venant de la part de sujets qui vénèrent une reine avec des permanentes mauves et qui mettent de la sauce à la menthe sur leur steak, on pouvait s'attendre à tout ! On n'a pas été déçu : les Anglais ont donc décidé de quitter le projet européen. En même temps, si ils pensent qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné, tant mieux pour eux. C'est un peu égoiste : comment allons nous assouvir notre passion des petites (motos) anglaises ? 

En fait, rien ne change... ou presque Pour l'instant, c'est beaucoup de bruit pour rien. En effet, du côté de l'acteur principal, Triumph, il faut savoir que la majorité de la production a lieu en Thaïlande (à peu près 53 000 unités par an), même la toute récente Rocket III essayée très récemment par Rico, le Guy Carlier de la presse moto. En réalité, la production dans l'usine d'Hinckley ne concerne plus de nos jours que la Speed Triple 1050, les Tiger 1200 et les séries spéciales de Daytona 765 (soit 8 à 10000 unités par an). 

Autre acteur d'importance : Royal Enfield. D'origine anglaise, la marque est indienne depuis la fin des années 50. Si RE a un centre de recherche vers Bruntingthorpe, mais la production est bien à Chennai, en Inde. 

En revanche, pour de toutes petites marques comme CCM, ça risque plus compliqué d'exporter et de conserver des tarifs "amicaux". Ce serait dommage que le Brexit signe la perte d'artisans passionnés... 

Le cas Norton Encore un acteur : Norton. Alors eux, c'est quand même assez rigolo. Enfin, façon de parler : on a appris très récemment que la faillite les guettait, avec des dettes (aux impôts) de l'ordre de 300 000 £. 300 000 £, pour un groupe industriel, c'est peanuts. Rappelons que Norton avait reçu 4 millions de £ en 2015 de la part du gouvernement britannique ; en 2017, la banque Santander leur a filé 3 millions de £ pour leur permettre d'augmenter la production. Ce n'est pas tout : début 2019, Norton a annoncé un deal d'exportation pour 5 millions de £ vers le Japon. On rappellera qu'en 2017, Zongshen a signé un partenariat de 20 ans avec Norton, et que sur la base du moteur 650 (qui anime les Norton Atlas et Ranger - faites en Chine et vendues autour de 14000 EUR, y'avait un peu de marge), les Chinois ont sorti la routière RK6 et le trail RX6 ; il se murmure que pour l'utilisation de ce moteur, Zonsghen devrait des royalties à Norton. D'où la question : elle est passé où, toute cette thune ? Et Zongshen, pour qui c'est évidemment ultra profitable d'avoir une vitrine du nom de Norton, ils peuvent pas lâcher 300 000 £ pour éponger quelques dettes ? Tout ceci est bien mystérieux...

Et ce n'est pas tout ; selon le journal The Guardian, Norton est impliqué aussi dans un scandale de fonds de retraite. En 2012 et 2013, 800 souscripteurs ont été approchés pour alimenter un fonds de retraite qui servait à alimenter la caisse de Norton - mais apparement, pas que. Depuis, plusieurs retraités ont porté plainte contre le CEO de Norton, Stuart Garner, pour réclamer leur dû, tandis que le directeur financier de l'époque, Simon Colfer, a été condamné à de la prison en 2018 pour activités frauduleuses. 

Que nos lecteurs qui ont une analyse ou une idée sur la question n'hésitent pas à nous la partager... 

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