Circulation interfiles : expérimentation prolongée jusqu'en 2021

Circulation interfiles : expérimentation prolongée jusqu'en 2021
©AMAM - Eric Philippe
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publié le 25 février

Rouler entre les files de voitures en ville et sur les grands axes, tous ceux qui roulent à moto ou scooter le font. Sauf que la pratique n'est pas vraiment autorisée, et qu'en fait, c'est donc interdit. Mais toléré. Devant ce flou législatif, le CNSR demandait dès 2013 la mise en place d'une expérimentation encadrée. Ce qui fut fait fin 2015, effectif depuis février 2016, dans 11 départements où la circulation devient critique aux heures de pointe : Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne, les Yvelines, l'Essonne, le Val d'Oise, Rhône, la Gironde et les Bouches-du-Rhône. 

Quatre ans après, alors que cette expérimentation devait prendre fin le 31 janvier 2020, eh bien c'est reparti pour un tour ! Un arrêté publié au Journal officiel (cf fichier joint) le 30 janvier modifie tout simplement le texte original en remplaçant 2020 par 2021...! 

Quels résultats en 4 ans ? Pour l'instant, pas de communication officielle (nous attendons une réponse de la part du ministère) sur le pourquoi du comment, sur d'éventuels résultats de l'expérimentation après ces 4 ans...

En 2016, au moment de sa mise en place, nous étions dubitatifs : "Dans l'état actuel des choses, on peut en effet se demander si l'expérimentation n'aboutira pas à quelque chose de plus liberticide que l'actuelle tolérance qui permet à l'ensemble des usagers à deux roues ou trois roues de gagner du temps dans les bouchons, partout où ils se produisent. Si elle aboutit finalement à une réelle autorisation. Rappelons que l'expérimentation est prévue pour durer 4 ans, si les chiffres de la mortalité routière n'augmentent pas entre temps. Sinon, elle sera immédiatement stoppée. Et l'inter-files, jusqu'ici tolérée où et quand elle était bien pratique, après avoir été autorisée dans quelques endroits de temps en temps, pourrait bien devenir interdite partout et tout le temps." 

En ce début 2020, en tout état de cause, étant donné que la mortalité des motocyclistes a baissé en 2019 pour la deuxième année consécutive (613 tués en 2019 contre 627 en 2018 et 669 en 2017), soit la Sécurité routière n'a pas eu le temps d'étudier les résultats et donc recule l'échéance, soit les résultats ne sont pas assez significatifs à son goût, soit le ministère attend un peu avant d'abaisser le couperet (on sort à peine des grèves, des gilets jaunes, et les municipales se rapprochent !)...

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