Amnesty International dénonce les conditions de production des batteries

Amnesty International dénonce les conditions de production des batteries
Amnesty International dénonce les atteintes à l'environnement et aux droits humains liées à la production des batteries

publié le 17 juillet

L'électrique, c'est l'avenir. Enfin, c'est pas qu'on y tienne tant que cela, mais tous les gouvernements (qui d'ailleurs, ont pour mission de fixer des objectifs en s'en tenant à la neutralité technologique) vont faire avancer la transition à marche forcée, à grands coup de vignettes variées et d'interdictions diverses. Bienvenue dans un monde meilleur, donc ? Peut-être pas, en fait, du moins pas actuellement : Amnesty International dénonce les conditions humaines et écologiques ainsi que le peu de respect des droits humains qui se cachent derrière l'extraction des matières premières servant à la fabrication des batteries des véhicules électriques. 

La voiture électrique n'est pas éthique C'est ce qu'a déclaré le représentant d'Amnesty International lors du dernier Nordic EV Summit, tenu récemment à Oslo, et ça a dû casser un peu l'ambiance. En effet, il a été mis en avant le fait que les batteries lithium-ion, avec lesquelles fonctionnent les voitures électriques et les matériels électroniques, sont liées à des atteintes aux droits humains, notamment au travail des enfants en République démocratique du Congo (RDC), et à des risques environnementaux qui pourraient saper leur potentiel écologique.

Kumi Naidoo, le secrétaire général d'Amnesty International, a par ailleurs déclaré que "sans changements radicaux, les batteries qui alimentent ces véhicules verts continueront d'être ternies par des atteintes aux droits humains". Il ajoute : "Les grandes multinationales qui dominent l'industrie de la voiture électrique ont les ressources et l'expertise nécessaires pour créer des solutions énergétiques réellement propres et équitables, et nous les mettons au défi de revenir l'an prochain à Oslo avec des preuves d'un réel progrès".

Voilà qui est urgent, alors que le marché des VE ne représente pour l'instant, que 2 % des immatriculations en France. 

Les droits humains menacés La liste des dangers est en effet longue : en RDC, des adultes et des enfants extraient le minerai à mains nues et sont exposés à de graves risques sanitaires, ne bénéficiant d'aucune protection ni de leur gouvernement ni des entreprises à qui sont destinées ces matériaux. Si la demande de cobalt atteindra 200 000 tonnes par an d'ici 2020, elle sera encore plus importante dans le futur, quand la transition énergétique sera entamée ; or, plus de la moitié des ressources mondiales de cobalt viennent du sud de la RDC. Une grande proportion des véhicules électriques qui roulent ont ainsi tiré profit du travail d'enfants. 

Suite aux alertes d'Amnesty International, des marques se sont engagées à fournir des données sur leur chaîne d'approvisionnement, à l'instar de Apple, BMW, Daimler, Renault, Samsung... 

Des autos vertes pas si écolo Outre les droits humains, c'est aussi l'environnement qui souffre de la progression des véhicules électriques : en effet, la plus grande partie de la production des batteries lithium-ion est sourcée en Chine, Corée du Sud et Japon, là où la production d'énergie dépend encore beaucoup de centrales à charbon. Il est donc crucial, pour que les VE soient véritablement bénéfiques, de faire baisser l'empreinte carbone de leur fabrication ; ce qui coïncide peu avec les projets d'aller extraire les minerais rares, cobalt, manganèse, lithium, en eaux profondes... De même, Amnesty International s'inquiète du recyclage de batteries usagées, qui a déjà donné lieu à de nombreuses contaminations du sol et de l'eau. 

Amnesty International milite donc pour que les consommateurs soient avertis des choix éthiques qui président à la fabrication de ces véhicules électriques. C'est effectivement via l'opionion que les choses changeront peut-être... 

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