80 km/h : marche arrière toute !

80 km/h : marche arrière toute !
Panneau 80 km/h - Crédits Photo : AMAM France

publié le 20 mai

C'était la mesure phare d'Edouard Philippe lors de son arrivée à Matignon, mise en place depuis juillet 2018. La limitation de vitesse à 80 km/h au lieu de 90 sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central a depuis fait coulé beaucoup d'encre et soulevé de nombreuses oppositions, tant de la part des institutions et de leurs représentants (Sénat, députés...) que de la part des usagers.

Souhaitant assouplir cette mesure pour arriver à « quelque chose qui soit mieux accepté et plus intelligent », Philippe a annoncé ce jeudi 16 mai qu'il était prêt à laisser aux présidents de conseils départementaux la « responsabilité » de fixer la vitesse maximale sur leurs routes. Concrètement, il faudra quelques mois pour que cela soit effectif, et la règle des 80 km/h restera la norme. C'est un amendement au projet de loi d'orientation des mobilités qui confèrera ce droit aux départements, projet soumis au vote de l'Assemblée cet été, au mieux.

Nous avons déjà reçu un communiqué de la part du président du conseil départemental de la Mayenne : il « propose de revenir aux 90 km/h, correspondant globalement au bon état général des routes département (3674 km), et lorsque l'une d'elles, sur une partie de son linéaire, est considérée comme accidentogène, suggère d'en abaisser la vitesse à 70 km/h.

Quelles conséquences ? On ne peut donc dire pour le moment combien de routes seront concernées, ni combien de panneaux il faudra changer. Il faudra aussi penser à mettre à jour son GPS et autres assistants de conduite. Et on peut imaginer par la suite qu'une étude d'impact sera lancé par la Sécurité routière afin de constater d'éventuels effets sur l'accidentalité.

A quelques jours de élections européennes, soudainement, Edouard Philippe fait donc marche arrière, alors qu'il avait tenu bon jusqu'ici, et en janvier encore en pleine crise des Gilets jaunes, alors que Macron pensait déjà à assouplir la mesure. Faut-il y voir une manoeuvre politicienne pour tenter d'amadouer les électeurs ? Ou un « changement de méthode », acceptant des « aménagements intelligents » qui ne remettent de toutes façons pas en cause la norme du 80 km/h ?

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