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Triumph Bonneville Street Scrambler

Les photos de l'essai

publié le 5 août

Triumph revient pratiquement à ses premières amours en proposant un nouveau petit custom dans sa gamme : la Street Scrambler. Direction la région de Séville pour un essai mi-asphalte mi-terre.  

Triumph ne pouvait pas laisser ses concurrents s'approprier le Scrambler sans riposter fermement. La firme de Hinckley s'est donc imposé un cahier des charges très simple pour concevoir le Triumph Street Scrambler : il devait être meilleur en tout, et taillé pour toutes les routes. 

Une partie cycle tout chemin

La Street Scrambler, il dispose d'un guidon large et haut comparativement à celui de la Street Twin qui lui sert de base. Son châssis est rehaussé par la présence d'un amortisseur arrière plus long et d'une roues de 19 pouces à l'avant (17 pouces à l'arrière) mais aussi de pneus plus épais, des enveloppes mixtes bien connues des amateurs 1200 GS puisque ce sont des Metzeler Tourance. Pour réduire le coût des jantes à rayon, les roues sont équipées de chambre à air. La fourche traditionnelles et agrémenté d'un soufflet de protection très vintage est dotée de 120 mm de débattement. Des étriers Nissin deux pistons mordent les simples disques de 255 mm à l'arrière et 310 mm à l'avant. L'ABS comme le traction control, tout deux de série, sont déconnectables. On est clairement face à une machine capable de se promener hors des sentiers battus. Et ce ne sont pas ses 206 kg à sec qui pourront l'en empêcher.

Une motorisation connue mais revue et corrigée

Du côté de la motorisation aussi, la Street Scrambler innove par rapport à la Street Twin. S'il est bien équipé du nouveau bicylindre parallèle à refroidissement liquide de 900 cm3 et 55 ch à 6000 tr/mn, son couple max de 80 Nm arrive plus vite, à 2850 tr/mn. La boite à 5 rapports et son embrayage assisté permettent de gagner en facilité et donc en efficacité. On aurait peut-être apprécié une 6e pour éviter d'avoir la sensation de la faire hurler sur autoroute. Pour contenir la consommation de carburant dans des proportions acceptables, Triumph a opté pour un ride-by-wire. Selon les données Triumph, elle s'établit à 3,9 litres au cent mais lors de notre essai, relativement tonique, il est vrai, nous avoisinions plutôt les 4,5 litres. Du côté de l'échappement, c'est soigné : inox brossé et bouclier thermique sont à l'honneur, il remonte haut du côté droit et offre une sonorité très Scrambler. Et pour ceux qui voudrait se distinguer encore, le catalogue de 150 accessoires proposé par Triumph comporte un silencieux Vance And Hines.

L'esprit Scrambler  

Car un Scrambler, c'est évidemment plus qu'une partie cycle et un moteur, c'est aussi un bel objet qui véhicule tout une histoire. Triumph n'a donc pas joué petits bras sur les détails. Si le Scrambler ne s'embarrasse que d'un minimum de carrosserie, des logos ou des badges Triumph ou Bonneville prennent place partout. Des protège-genoux, en plus d'apporter grip et confort en position debout, décorent le réservoir de 12 litres. Des supports aluminum soutienne un phare rond au cuvelage noir mat, identique à celui de l'instrumentation très complète issue de la Street Twin, avec notamment un indicateur de rapport engagé. A l'arrière, la Street Scrambler est équipée d'un feu à led qui apporte une touche de modernité bien venue. Si l'on se penche sous le Twin Parallèle, on note qu'il est protégé par un sabot moteur : un autre signe qui laisse à penser que la Street Scrambler n'est pas là pour faire de la figuration. D'ailleurs, elle est livrée de série avec un   porte-paquet en aluminum qui peut prendre la place de la partie passager de la selle effet Alcantara.

Des qualités dynamiques indéniables

Reste à savoir ce qu'elle propose une fois en selle. Sur route, c'est une moto bien née. On s'amuse tout de suite. Son guidon large et la position de conduite plus droite que celle proposée par la Street Twin la rendent encore plus maniable notamment en ville ou l'on profite du couple à bas régime pour évoluer sur un filet de gaz. A régime plus soutenu, on profite sourire aux lèvres de son excellent châssis. La fourche plonge moins que ce que l'on pourrait imaginer et l'amortisseur arrière, de très bonne facture, avale les irrégularités de la chaussée sans jamais martyriser les vertèbres. On peut se permettre d'aborder des successions de virages sans la moindre appréhension notamment parce que les Metzeler Tourance, malgré l'ancienneté de leur conception, sont d'une efficacité redoutable sur le sec. Une fois sorti des sentiers battus en revanche, on regrettera de ne pas être chaussé de pneus à tétines tant le Scrambler est pourvu d'un vrai potentiel. Son poids n'est pas vraiment un problème car la hauteur de selle rassure et son moteur plutôt vif est suffisant pour se mouvoir offroad sans se sentir limité. En revanche, ce n'est pas non plus un enduro. Quand les choses se gâtent, l'antipatinage et l'ABS déconnectables ne remplaceront pas l'expérience. On peut sans problème parcourir des chemins avec ce Scrambler  mais chacun sait que ne s'improvise pas enduriste du jour au lendemain qui veut.   

Un rapport légitimité/prix canon

La Triumph Street Scrambler sera disponible fin mars en concession moyennant 10.700 €, soit 210 euros de plus que sa principale concurrente : la Ducati Scrambler 800, en version Classic.

Avis de la rédaction sur Triumph Bonneville Street Scrambler
17.6/20
Il ne reste plus qu'à vous révéler le prix de cette nouvelle Triumph disponible fin mars en concession moyennant 10.700 €. C'est 210 € de plus que sa principale concurrente : la Ducati Scrambler 800, en version Classic (et pas en Desert Sled, vraiment plus enduro). Difficile de ne pas évoquer l'italienne, qui a redonné un coup de peps à cette catégorie en effet, mais au sortir de mon essai, j'ai acquis une conviction. J'adore la Ducati Scrambler 800, amusante, nerveuse, néo-rétro à fond et avec brio, mais quand je me suis retrouvé face à la Triumph, pas sur un stand de salon, avec des lumières et du monde autour, non, en plein jour, dans la rue, prête à bondir, là, je me suis dit : "Elle ne fait pas Scrambler, c'est un Scrambler. C'est une Triumph. C'est beau. C'est bien fini. J'ai pas l'impression de monter sur une moto qui surfe sur la vague hipster. Peut-être même que Steeve l'aurait aimée."
Comportement très sainConfortFinition soignéeDesign soignéQualité des matériaux
Freinage perfectibleProtection
Les chiffresPrix10 700 €Puissance40,5 kW à 6000 tr/min0 à 100km/hN/CConso mixteN/C
Notes de la rédactionMoteur20/20Chassis16/20Look20/20Prix16/20Equipements16/20

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