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Harley-Davidson Livewire

Les photos de l'essai

publié le 7 septembre

La Livewire, nouvelle et toute première moto électrique Harley-Davidson, rue dans les brancards de la tradition et ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire de la MoCo. Essai !

La première moto électrique Harley est là, prête à la commercialisation en ce mois de septembre 2019. Son développement, débuté en 2010, concrétisé par la présentation du prototype Livewire Project en 2015, s'achève donc dix ans plus tard avec le modèle de série. 

Belle prestance

Silhouette râblée, profil musclé, partie arrière tronquée, support de plaque et ensemble optique arrière déportés : le design reprend les codes classiques du streetfighter et c'est plutôt réussi. Harley a tenu à ce que le moteur reste la belle pièce de la moto, comme sur les thermiques. L'ensemble offre une belle prestance, avec une haute qualité de finition.Grâce à la finesse du faux réservoir et de l'arcade de selle, les petits sont bienvenus et posent facilement les pieds au sol. Le guidon n'est pas si éloigné qu'il en a l'air, les repose-pieds pas trop reculés ni trop élevés, la position est assez naturelle, quoique dynamique, et on finit tout de même par ressentir l'appui sur les poignets. Etonnamment, la petite selle est plutôt confortable, du moins pour le pilote, le passager n'étant pas à son avantage. L'amortisseur ici réglé assez ferme prodiguait un confort honorable, notamment sur les grosses contraintes. On retrouve au guidon les commandes Harley classiques, avec des fonctions supplémentaires (sélecteur de Mode de conduite). L'écran TFT couleur est tactile, la navigation est assez intuitive. Il est connecté avec votre téléphone (application H-D Connect comprenant un GPS basique), et une prise USB-C est dissimulée sous le capotage de phare.

Autonomie cohérente

Pour le moteur, conçu en partenariat avec Magnetti Marelli, Harley a retenu la technologie classique à aimants permanents, avec un refroidissement liquide, gage de meilleure résistance à la chaleur. C'est, en juillet 2019, le moteur Harley le plus puissant avec le 117 ci des CVO (105 ch - 78 kW). Le couple est moindre que celui de son cousin thermique : 116 Nm (contre 166), mais ici c'est tout, tout de suite, tout le temps, pour un poids à mouvoir moitié moins élevé ! La batterie lithium-ion, au-dessus du moteur, est constituée de cellules Samsung et refroidie par air. Assez imposante, elle offre une capacité de 15,5 kWh. Elle joue le rôle d'élément porteur, le cadre alu en deux parties venant s'y fixer de part et d'autre. Annoncée pour 235 km en usage urbain, et 152 km en usage mixte, l'autonomie est plutôt cohérente sur le papier par rapport à la concurrence et se révèle fiable. Lors de cet essai (20 % ville, 80 % route) en mode Sport, j'ai parcouru 92 km avec 54 % de batterie, il restait donc 46 %. L'un des points forts de la Livewire est de disposer d'un chargeur rapide en courant continu (DC) de type 3 via un connecteur CCS2 ou SAE J1772, qui permet une recharge de 100 % en 1 h, et 80 % en 40 minutes. Sinon, un chargeur de type 1 permet une recharge sur prise domestique en 12 h environ.

Equipements haut de gamme

Les équipements font appel à des spécialistes reconnus : Brembo, Showa, et une centrale inertielle Bosch à 6 axes pour les assistances. ABS et antipatinage (déconnectable) actifs en courbe, anti-wheeling, atténuation de la levée de la roue arrière au freinage, contrôle du couple résiduel (un genre d'anti-dribble) pour gérer le frein moteur... Les 4 modes (Sport, Route, Pluie et Autonomie) sont préprogrammés avec des degrés de réactivité/frein moteur et d'intervention plus ou moins importants. On peut personnaliser jusqu'à 3 modes : intéressant car le mode Sport, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'offre que 80 % de la puissance.

Puissance sous contrôle

Facile à prendre en mains, la Livewire n'en reste pas moins assez lourde, avec un centre de gravité plutôt élevé. Les manœuvres à basse vitesse en pâtissent un peu, mais dès que l'on roule, l'équilibre se fait naturellement, et on évolue tranquillement à basse vitesse. Ici on apprécie la progressivité de la poignée. Il y a certes un effet « on-off » mais contrôlable. Le petit « plus » Harley : à l'arrêt, avec le contact, une pulsation comme un battement de cœur se propage dans la selle et évoque les vibrations d'un Vtwin. La sensation est assez incroyable ! La Livewire promet du sport, du moins plus que n'importe quelle Harley actuelle. En mode arsouille, on comprend assez vite qu'ici aussi le poids certain et la répartition « verticale antérieure » des masses ne seront pas des alliés : on force un peu pour la mettre sur l'angle, puis pour la relever. En grande courbe, cela ne pose pas vraiment de souci, davantage sur route sinueuse quand le rythme s'accélère. Un réglage fin des suspensions pourra se révéler utile. Si ce n'est pas une fine lame, on s'amuse quand même bien à son guidon, son comportement reste sain et prévisible. Il y a de quoi profiter du couple et de la puissance maxi, en même temps que du frein moteur, bien utile en l'absence de boîte de vitesses. Pour le coup, le mode Sport nous a semblé bien équilibré, avec plus de frein moteur que le mode Route. Les réactions des assistances sont discrètes mais efficaces sur ces modes, il faudra rester vigilant sur le mode "perso full power", notamment lors des remise de gaz optimistes en sortie de courbe...

Avis de la rédaction sur Harley-Davidson Livewire
14.4/20
De mon point de vue, et sans entrer dans le débat sur les vertus écologiques de la mobilité électrique, la Livewire n'a pas perdu l'âme Harley en abandonnant le Vtwin au profit d'un moteur électrique. Ce n'est pas un scooter utilitaire, c'est une moto vivante qui demande à son pilote de s'impliquer, et si son comportement n'est pas parfait, elle donne vraiment du plaisir et valorise son propriétaire. Le problème, c'est son prix pour un usage assez restreint, d'une part par la vocation "roadster tendance sportif", d'autre part car l'autonomie et la recharge restent un souci de gestion au quotidien, même si nous pouvons ici noter les progrès qu'intègre ce modèle. La France a enregistré déjà 25 précommandes en cette fin juillet... L'avenir dira si la voie électrique mène aussi bien à Milwaukee que celle des "big twin" !
Une Harley originaleErgonomie accessiblePerformances moteurCharge rapideEquipements
Prix élitistePoidsUn peu rude à emmener
Les chiffresPrix33 900 €Puissance78 kW0 à 100km/hN/CConso mixteN/C
Notes de la rédactionMoteur16/20Chassis12/20Look20/20Prix4/20Equipements20/20

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