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Chang-Jiang Pékin Express Adventure CJ650

Chang-Jiang Pékin Express Adventure CJ650©motoservices.com
Les photos de l'essai

publié le 30 mai

Envie de rouler autrement ? Alors cet engin est fait pour vous : le side-car CJ650 du constructeur Chang-Jiang, série Pékin Express, un trois-roues (permis moto !) qui vous permettra de partir en ballade à trois, ett redécouvrir en famille nos belles routes de France !   

Le marché de la moto attelée reste confidentiel en France. Normal vous dirons les grincheux, ce type d'engins de loisir regroupe finalement les inconvénients de la la voiture, est terme d'encombrement, et ceux de la moto, en terme d'exposition aux éléments extérieurs. Ceux qui ont déjà mis la main au panier vous dirons plutôt que les side sont des véhicules singuliers auxquels on s'attache très rapidement, pour le sentiment de liberté qu'ils transmettent et leur esprit de convivialité. Sur ce segment débarque un ovni aujourd'hui : ChangJiang, constructeur chinois apparu dans les années 50 au milieu de l'Empire, qui pour la première fois s'exporte au-delà de la muraille pour débarquer en France sous son propre nom. Il faut dire qu'il est plutôt fier de son side, accolé à sa moto rétro CJ650. Et on le comprend ! L'engin qui porte le nom de Pékin Express pour le marché français est en effet sublime, notre modèle sable à la finition Adventure en particulier - l'autre modèle de la gamme kaki est dénommé Military. Engin qui aurait trouvé sa place de le film Le Grande Vadrouille, il est pourtant bien actuel, entre sa mécanique, ses équipements, ses suspensions Kayaba ou son injection Bosch. La moto aux selles suspendues est déjà bien sympathique, mais c'est bien entendu le panier que l'on observe d'abord sous toutes les soudures. Forme d'antan, roue de secours installée sur la malle arrière, protections, élcairage aditionnel implanté non loin des feux longue portée, jantes alu à rayons chromés et peinture sable mat : il en jette ! L'étoile rouge brodée de jaune donne un sympathique côté « révolution », du coup on pardonnera peut-être plus facilement la dénomination enthousiaste « Changjiang 750 » qui suit, dans la mesure ou le moteur cube finalement 649,3 cm3. Les finitions autour du moteur sont perfectibles, certains éléments de la moto ne sont pas complètement peints à l'intérieur (le cache latéral par exemple), néanmoins l'ensemble est très bien réalisé, à l'image de la structure qui relie les deux parties du side en quatre points de fixation. C'est rassurant. 

Pas vraiment adapté à la ville...

Pour le pilote, la selle n'est pas vraiment haute, fixée à 780 mm du sol. De toute façon comme l'engin qui est en appuis sur ses trois points au sol ne s'incline pas, tous les gabarits sont les bienvenus à bord. Le guidon "cornes de vache" est franchement large, caractéristique nécessaire à l'obtention d'un bras de levier conséquent, utile au moment de prendre un virage. On en trouve des ressorts sur le Pékin Express ! Dans sa fourche perpendiculaire bien entendu, mais également deux à l'arrière de la moto (5 réglages de précontrainte), ainsi qu'un dernier au niveau de la roue extérieure du panier. Ils sont signés Kayaba, contrairement au long amortisseur de direction qui lui provient de chez Fast Ace. Un dernier ressort nous a conquis : celui qui retient notre selle, sa souplesse aidant à compenser la fermeté de l'amortissement général du side. Sans bulle ou pare-brise au niveau de la moto et du panier, la protection n'est pas terrible, toutefois l'engin se destine davantage à la ballade sur le réseau secondaire, plutôt qu'aux voies rapides. En ville, comme on occupe la place d'une voiture sur la chaussée, quasiment, on suit fatalement le train-train des autos. Il faut donc composer avec des temps de parcours similaires, puisqu'il est impossible d'adopter la remontée de file en side-car. À moins d'avoir fait l'école d'acrobatie de la police indienne et de pouvoir basculer à tous moments sur deux-roues. Et de s'y maintenir ! Même constat au moment de se garer, il faut viser les emplacements voitures, avec comme difficulté supplémentaire le fait de ne pas disposer de marche arrière. La vigilance demeure en plus dans les rues qui sont en pentes, pire encore dans celles qui présentent un dévers ! Bref vous l'aurez compris, le side n'est pas vraiment fait pour la ville. 

...mais quel régal sur la route !

Les nationales et les petites routes sont en revanche son terrain de jeu. A condition toutefois d'avoir compris le mode de fonctionnement d'un side-car, un engin très particulier à piloter. Des écoles ou associations proposent des stages, indispensables pour se mettre en sécurité (d'autant plus si l'on embarque femme et enfants !), rappelons juste ici que le motard expérimenté s'y perd car pour tourner à droite on doit pousser sur la poignée gauche (et tirer la poignée droite) et que pour tourner à gauche il faut pousser sur le poignée droite (et tirer la poignée gauche). Comme amplificateur de ces mouvements, l'action du seul frein avant vous aide à tourner à gauche alors que le fait d'accélérer vous fera tourner vers la droite. Dans les virages à droite, si le panier est vide n'oubliez pas d'essayer de mettre du poids vers l'intérieur histoire de parer aux eventuels soulevements de la roue du panier. Avec ceci en tête, crescendo la confiance s'installe et l'on prend rapidement des sensations dans les petites enfilades. A rythme coulé bien entendu, le side est un engin dédié à la ballade. Et ce Pekin Express rempli sa fonction à merveilles : on s'y assoit pour observer la route, la nature, et partager un superbe moment de convivialité avec deux autres occupants. Avec un passager sur la moto tout d'abord, heureux lui aussi de trouver une selle à ressort très accessible et des bons repose-pieds. Pour se tenir il attrape le poignée située devant lui, dès lors que le pilote ne prend par appuis dessus. Du coup sans retour il se sent un peu en bout de selle. L'occupant du panier est bien mieux loti : pour accéder au large siège il dispose d'un marche-pied et comme il a les jambes dépliées, voir détendues si c'est un enfant, la ballade est des plus appréciables ! Le port du casque est obligatoire pour tous les occupants. Notez enfin que conduire à trois est très agréable pour le pilote qui dispose de plus de poids côté droit notamment, et donc d'une meilleure stabilité dans les virages.

Un moteur comme celui des Kawasaki ER-6

Véhicule inédit sur le marché français, le Pékin Express est néanmoins animé par un moteur que nous connaissons déjà. Sous plusieurs formes même ! Il s'agit en effet d'un bicylindre parallèle de 649,3 cm3, un bloc à culasse 8 soupapes, injection Bosch et refroidissement liquide qui équipe les CF Moto de la gamme 650, soit une « interpretation » du moteur des Kawasaki ER-6, pourrait-on dire. C'est un coeur performant pour un side-car, avec sa puissance de 71 ch. (52 kW) à 8 500 tr/min et sa valeur de couple maxi de 62 Nm qui intervient à 7000 tr/min. Il est très présent sur les bas et mi-régimes, ce qui est parfaitement adapté à la conduite de ce type de véhicule. Nous avons apprécié sa sonorité quelque peu pétaradante au guidon, ainsi que ses fameux « plocs plocs plocs » sortis des pots saucissons (façon Teckel !). Le pékin Adventure est équipé d'un réservoir de 20 litres, heureusement car nous avons relevé une consommation moyenne de 7,2 l/100 km. Le bloc de la CJ650 proposerait deux modes de conduite, Sport/Eco, mais nous n'avons pas vraiment senti de différence entre les deux. La disponibilité de cette mécanique est optimisée par la présence d'une transmission courte sur les premiers rapports. Démultiplication spécifique aussi (regardez la grosse couronne arrière !), l'ensemble répond de façon instantanée à l'ouverture, ce qui est parfait pour faire décoller ce véhicule de 365 kg. La boite n'est pas trop lente, le verrouillage précis et le levier est réglable. Vous remarquerez la présence d'une pédale double branche, comme sur un custom, qui laisse le choix de passer les rapports avec la pointe du pied ou le talon. Sur un side-car, si on freine seulement de l'avant on tire naturellement à gauche ! A moins de virer vers ce bord donc, on emploiera plus facilement l'arrière d'autant plus que celui-ci s'appuie sur deux disques, un sur la moto et un autre sur la roue du panier. L'action à la pédale, très accessible par ailleurs, se répercute sur l'avant puisque le système est couplé à l'étrier 2 pistons antérieur. Il en ressort un freinage qui brille d'efficacité, néanmoins nul doute qu'un système ABS aurait ici conféré un surplus de sérénité au guidon.

Equipement complet et moderne 

Sur le capotage sable du phare classique, cinq voyants cerclés de chrome sont magnifiquement implantés au-dessus du cadran instrumentation. Via son aiguille, il renseigne quant au régime moteur. Plus bas, le petit pavé LCD propose la vitesse, le rapport engagé, le niveau d'essence par jauge, le kilométrage partiel et le kilométrage total. Ces deux dernières informations varient grâce à un bouton placé sous le phare, point des plus accessibles. A noter également que la jauge ne semble comptabiliser que la première moitié du réservoir. Du coup quand vous croyez que vous allez tomber en panne, bonne nouvelle : vous avez encore un demi plein ! Et les commandes ? Et bien comme cet engin est super équipé ses commodos sont bien garnis. A gauche, on trouve un bouton pour les modes de conduite, un pour les feux de détresse et un dernier pour les poignées chauffantes (bouton implanté à la base de la poignée, il ressemble à celui des Honda par exemple). Face à la route, on trouve également un gros bouton rouge permettant d'actionner le treuil électrique, si on décide de ne pas utiliser sa télécommande. A droite maintenant, on remarque la commande du frein de parking. La mise en route des feux additionnels s'effectue sur la planche du panier. Notez enfin la présence des phares à leds, de deux prises USB et d'une prise 12V, d'une bâche, d'une housse de protection pour la roue de secours, des portes-paquets et des bumpers de série. Sous la roue de secours du panier se trouve une immense malle pouvant accueillir les trois casques intégraux de l'ensemble de l'équipage.

Avis de la rédaction sur Chang-Jiang Pékin Express Adventure CJ650
16/20
Piloter un side-car c'est particulier et très différent de ce que l'on fait à moto. Finalement, on se sentirait presque au guidon d'un quad ou d'un SSV, sauf que le side n'a que trois-roues et qu'il peut plus facilement se soulever, côté panier. Mais l'engin est tellement attachant, ce ChangJiang Pékin Express 650 en particulier car il est sublime, super équipé, authentique et tellement agréable à piloter sur des routes peu encombrées. Sa mécanique est largement suffisante, sa transmission bien adaptée mais ce que nous retiendrons de cet engin singulier est son esprit de convivialité. Affichée à 11890 €, comptez 200 € de moins pour sa déclinaison verte Military, l'objet récréatif demande un investissement raisonnable par rapport à ses concurrents. Certes, eux disposent d'une certaine renommée, alors que ChangJiang débarque sur le marché français, mais le Pékin Express n'a pas a rougir de sa fabrication et pourra peut-être se créer sa place sur ce petit marché de quelques centaines d'unités. En outre il bénéficie du SAV de son importateur, connu, la Dip.
Engin convivial !Look et fabricationEquipement pléthoriqueFreinageSensations side !
ConsommationProtectionMode d'emploi Side pour les novices
Les chiffresPrix11 890 €Puissance52 (71 ch.) kW à 8500 tr/min0 à 100km/hN/CConso mixteN/C
Notes de la rédactionMoteur12/20Chassis12/20Look20/20Prix16/20Equipements20/20

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