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Bmw K 1600 Grand America

Les photos de l'essai

publié le 1 septembre

Il y a bientôt un an, BMW surprenait en lançant la K 1600 B, version Bagger du vaisseau amiral K 1600 GT. Depuis quelques mois, BMW propose de tailler la route encore plus loin et plus longtemps avec la Grand America.

Il n'aura pas fallu 6 mois à BMW pour présenter une déclinaison plus routière à la K 1600 B. C'est la Grand America et, comme son nom l'indique, elle s'adresse clairement aux amateurs de voyages au long cours. Les plus attentifs l'auront remarqué, en plus d'un grand top case pourvu d'un dosseret et d'un feu stop, qui vient s'ajouter aux valises latérales, la Grand America hérite d'un pare-brise nettement plus protecteur que celui de la Bagger.

La plus américaine des BMW

Le vaisseau amiral de la flotte bavaroise reprend à son compte tout ce qui fait le charme des motos d'outre-atlantique, la modernité dans le trait en plus. La selle d'origine n'est pas des plus hautes (780 mm). Pour les grands, il est possible de demander un élément qui culmine à 810 mm et pour les plus petits gabarits une selle qui ne dépasse pas les 750 mm. Tout le monde devrait y trouver son compte. D'autant que le guidon n'est pas des plus larges. Un fois en selle, difficile de ne pas trouver une position de conduite plaisante. On a de la place, c'est moelleux et si on a opté pour les marchepieds, on peut tendre les jambes vers l'avant pour rouler relax. Quant à la protection, elle est dignement assurée par un carénage doté de déflecteur supplémentaires et d'un pare-brise haut, large et réglable électriquement. C'est un sans faute. Le tableau de bord fait la part belle à des compteurs à aiguille pour indiquer la vitesse et le nombre de tours par minute du moteur mais il est aussi pourvu d'un écran couleur regroupant toutes les informations utiles et permettant la navigation dans le menu de l'ordinateur de bord pour régler la températures de poignées ou de la selle, comme la station de radio par exemple. Tout ou presque passe par la molette de réglage située autour de la poignée droite. C'est facile, lisible mais au regard du statut de vaisseau amiral des K 1600, cette dernière évolution aurait pu être équipée d'un grand écran comme on en trouve sur les GS. Cela n'aurait choqué personne. La K 1600 Grand America est équipé d'une optique qui mêle Xénon (feux de croisement), Halogène (feux de route) et LED (feu diurne) à l'avant et de feux stop intégrés dans les valises latérales et le top-case full led. Tout est très esthétique et joue parfaitement son rôle : voir et être vu. Dommage, les protections moteur tubulaires de série ampute de vide-poche (présents sur les K 1600 GT et GTL) mais cela permet d'installer des marchepieds essentiels pour cruiser. Du côté bagagerie, si l'on peut déplorer la forme exiguë des valises qui empêche de mettre un casque - elles n'en restent pas moins pratique pour transporter des petits bagages - le top-case réserve de bonnes surprise : un moquette amovible moelleuse à souhait, la possibilité d'accueillir sans problème deux intégraux, des gants voire plus encore et une prise DIN. La première d'une série de trois puisque le pilote et le passager en ont une à proximité. Passager qui peut régler la température de son assise lui même. Une marche arrière permet de se sortir d'un stationnement en faux plat sans aucune difficulté. En revanche, pas de béquille centrale. C'est un option. La boulette !

Un 6 cylindres, ça change tout

Le bloc qui anime la Grand America est connu. C'est le 6 cylindres en ligne de 1.649 cm3 qui officie sur l'ensemble des K 1600, bridé pour l'occasion afin de ne pas dépasser les 162 km/h. Il feule toujours de manière très évocatrice, légèrement métallique mais diablement sportive. C'est plein partout d'un souplesse très appréciable. Quant à la boite de vitesse, elle verrouille fort lorsque l'on passe la première mais s'avère plutôt douce ensuite. Le Shifter Pro, up&down, est particulièrement efficace. Il n'y a que le passage de la 1ère à la seconde qui renâcle parfois. 3 modes de conduite sont au programme : Rain, Road et Dynamic. Ils se choisissent en appuyant très simplement sur un bouton à main droite et le traction control s'y adapte automatiquement. La suspension ESA Dynamic est monté de série. En mode Road (standard), elle s'adapte automatiquement au style de pilotage et à l'état de la route. Pour plus de confort, on peut opter pour le mode Cruise. La suspension continue de s'adapter automatiquement à la situation mais avec plus de souplesse. En revanche, dans les deux cas, on doit choisir le niveau de charge transporté par la moto : solo, solo avec bagage ou duo. Evidemment le freinage est couplé avant-arrière au levier et l'ABS Pro est actif même en courbe. Equipée à l'avant d'un double disque à commande hydraulique de 320 mm de diamètre, étriers fixes à 4 pistons et d'un monodisque lui aussi de 320 mm, étrier flottant à 2 pistons à l'arrière, la K 1600 Grand America n'est pas ce que l'on peut appeler une moto pourvu d'un freinage sous-dimensionné. Sans compter qu'il offre un excellent feeling. Lorsque l'on cruise, on peut oublier le levier et conduite à la pédale. Il faudra juste passer plus souvent à l'atelier pour changer les plaquettes.

Du bon et du moins bon sur la route

Bonne surprise : on peut aller acheter le pain en centre-ville en Grand America si l'envie nous en prend. Elle semble si légère et son train avant est si docile qu'on se faufile dans le trafic sans trop se poser de question. Et la marche arrière permet de ne pas avoir à trop réfléchir quand est venu le temps de stationner. On sait que l'on pourra manoeuvrer sans se poser de question. Quand à la largeur d'1m au rétro (interfile autorisée de justesse sur les axes où elle est expérimentée), c'est une habitude à prendre. Ce n'est pas la souplesse du moteur qui posera problème en tout cas. Si seulement elle n'était pas aussi affutée du train avant, on aurait pu sauter directement à la partie autoroute. Seulement voilà, elle a beau afficher un honorable 364 kilos sur la balance, la moindre portion sinueuse la transforme en sportive. Attention, ce n'est pas une S1000RR mais bien menée, elle pourrait donner des complexes à un certain nombre de roadsters. Concernant le couple moteur-boite et le freinage, rien à dire, c'est du solide. Et avec le Shifter, on se régale. Mais déjà apparait un sentiment diffus une fois sur l'angle : il faut parfois (souvent) corriger la trajectoire. Evidemment, avec une telle protection, que l'on peut adapter à sa morphologie en réglant électriquement le pare-brise électrique, difficile de ne pas succomber au charme de cette routière dans l'âme. A 130 km/h, le 6 cylindres ronronnent presque en silence à 3.600 tr/mn. Sachant que la zone rouge débute à 8.500 tr/mn, on ne force pas. Mais à partir de 100 km/h environ, on a une sensation de déconnexion avec la route qui s'installe progressivement. Elle est vraiment sujette à des prises d'air. Elle ondule. On ne se sent pas en insécurité mais on comprend mieux pourquoi BMW l'a bridée à 162 km/h. C'est simple. Quelque soit le poids du passager ou de la passagère, il est imperceptible. On roule exactement de la même façon. Au point se rappeler que les freinages sont plus faciles à encaisser pour le pilote que pour celui ou celle qu'il transporte quand il ou elle vient se vautrer sur son dos. Parce qu'il s'est endormi, surement. Trop de confort, c'est sûr. Bref, à deux, c'est vraiment bien.

Un sentiment d'inachevé    

La 1600 Grand America souffle le chaud et le froid. Elle étonne par sa facilité à basse vitesse, l'efficacité de son train avant dans les petits virages mais aussi par son manque de tenue à mesure que la vitesse augmente, jusqu'à 162 km/h maximum, sur une autoroute allemande. De la même façon, on profite d'une motorisation réjouissante mais qui doit malheureusement s'accommoder d'une suspension ESA Dynamic qui ne semble pas à la hauteur. Des défauts qu'on accepteraient volontiers sur une moto à 20.000 € mais dans la configuration actuelle cette Grand America s'approche des 31.000 €, et d'une certaine Honda Goldwing.

Avis de la rédaction sur Bmw K 1600 Grand America
14.4/20
Au sortir de cet essai, ce que l'on peut dire de la K 1600 Grand America, c'est qu'elle souffle le chaud et le froid. Elle surprend par sa facilité à basse vitesse, l'efficacité de son train avant dans le sinueux mais aussi par son manque tenue à mesure que la vitesse augmente. De la même façon, elle jouit d'une motorisation enthousiasmante mais qui doit malheureusement s'accommoder d'une suspension ESA Dynamic qui ne semble pas à la hauteur. Des défauts qu'on accepteraient volontiers sur une moto à 20.000 € mais dans la configuration actuelle cette Grand America s'approche des 31.000 €, et d'une certaine Honda Goldwing.
Confort général pilote et passagerEfficacité du train avantPrise en main évidenteFinition
Valises latérales peu logeablesPas d'accoudoir passagerSensation de flottement
Les chiffresPrix27 985 €Puissance118 kW à 7750 tr/min0 à 100km/hN/CConso mixteN/C
Notes de la rédactionMoteur16/20Chassis12/20Look16/20Prix12/20Equipements16/20

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