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Aprilia Tuono 660

Les photos de l'essai

, publié le 5 juin

Après la sportive RS 660, Aprilia dégaine la version roadster avec la Tuono 660. Encore plus compacte, accessible et nerveuse, c’est typiquement le genre de motos qu’on aime : celles qui filent la banane sous le casque en quelques hectomètres…

En reprenant la plateforme de la RS 660, Aprilia ne pouvait pas se tromper en transformant la sportive en roadster. La signature visuelle avec le triple feu avant et les feux diurnes DRL donnent tout son caractère à la tête de fourche. Derrière, tout est parfaitement bien caché, le tableau de bord TFT est grand, hyper lisible et bien fourni, les écopes se la jouent MotoGP avec des appuis aéro dissimulés qui musclent la ligne, le bras oscillant banane en alu est valorisant, l'échappement complètement intégré au bloc moteur. C'est certainement une valeur ajoutée pour Aprilia que de produire ses motos à Scorzè, près de Noale, même si cela implique un coût supplémentaire, forcément… Shifter et leviers réglables sont en option, tout comme une éventuelle prise USB.

Roadster pour tous

Ver-sa-ti-li-té, c’est le crédo de la Tuono, un roadster sportif sachant s’adapter à un maximum de gabarits. L’ergonomie convient à tous les formats, et même si la selle est assez haute, les pieds touchent facilement le sol grâce à la finesse de l’arcade, tandis que le retour du réservoir est parfait pour le maintenir. Confortable, la selle offre assez de recul pour varier les positions, avec des jambes bien repliées, tandis que l’invité supporte quelques km sur son pouf pas si ridicule, mais très ferme. Les bracelets de la RS 660 ont fait place à un guidon large où l’on trouve directement ses marques pour un bon feeling du train avant. Mise à rude épreuve lors de cet essai froid et humide, la Tuono encaisse plutôt bien les chocs, sans entamer la rigueur et la précision des trajectoires. La fourche inversée Kayaba à réglage de précharge et de détente dans un seul tube n'est pas la plus sportive, mais elle offre cette polyvalence pour assurer le déplacement quotidien et la bonne arsouille nerveuse. Idem pour l'arrière, même si l'on aurait aimé pouvoir mettre un peu plus l'ensemble sous pression pour en juger.

Le récent petit bicylindre ligne de 659 cm³ nous bluffe une nouvelle fois au cœur de cette Tuono. Plusieurs choses viennent expliquer ce caractère inédit pour un twin parallèle : des cotes super carrées avec de larges gamelles de 81 mm avec une course courte de 63,93 mm, un calage moteur à 270° qui lui donne sa sonorité si spécifique, un taux de compression élevé de 13,5 pour 1. C'est le moteur le plus puissant de sa catégorie (95 ch et 67 Nm). Au-delà des chiffres, les sensations : sa bestialité jamais débordante, mais toujours présente, donne envie de faire chanter les gamelles au-delà de 7000 tr/min, seuil où elles s'expriment au mieux avec la boîte à air qui entre en jeu, tandis que la disponibilité est présente dès 3000 tr/min…

Une électronique de pointe

Comme sa grande sœur Tuono V4, la petite 660 ne renie pas ses gènes de sportive, et elle conserve tout ou presque des assistances de la RS 660 : contrôle de traction (8 niveaux), frein moteur réglable (3 niveaux), tout comme la réponse moteur, l'antiwheeling, et l'ABS (3 crans). À la différence de la RS, la centrale inertielle 6 axes n'est pas de série, et l’ABS n’est pas actif sur l'angle. Mais la dotation de base reste assez largement supérieure à la moyenne de la catégorie. Ajoutez 3 modes de conduite dont un paramétrable.

Le bitume ayant accompagné notre sortie étant froid et pas dans le meilleur des états, on est resté prudent sur la prise d’angle, surtout avec les « vieux » Pirelli Diablo Rosso II. Idem sur le freinage, qu'on a quand même pu appuyer bien plus fort, avec un levier à l'attaque douce, avant de devenir bien plus mordant sur le reste de la course. Une petite habitude rapide à prendre mais qui étonne au départ, tandis que l'arrière est très discret.

Un dynamisme réjouissant

La Tuono peut compter sur sa versatilité pour assurer quel que soit le terrain. En ville, sur le mode "commute", l'électronique efface le moindre à-coup d'injection tout en gardant une belle réactivité, même à 2000 tr/min on arrive à relancer sur le filet de gaz. On sera également satisfait du diamètre de braquage assez court, même si les mains vont venir coincer contre le réservoir en butée de guidon. Mais surtout la Tuono nous a scotchés sur les petites routes défoncées de la campagne romaine, où elle s’est révélée facile, agile, précise et d'un dynamisme réjouissant. C'est grâce à ce moteur, rond, toujours disponible et à la sonorité caverneuse, mais aussi à ce châssis bien né, une géométrie compacte, un poids contenu (183 kg TPF) qui lui donnent cette vivacité si grisante à exploiter. On prend plaisir à l'emmener d'un virage à l'autre, bouger autour, s'appuyer sur le réservoir pour la coucher, essorer la poignée pour en ressortir. Elle va toujours où l'on regarde, et c'est ce qui la rend si efficace.

Avis de la rédaction sur Aprilia Tuono 660
17.6/20
Est-on tombé sous le charme du combiné week-end à Rome avec une "bomba latina" ? Assurément oui, et Rome n’y est pas pour grand-chose, Aprilia peut sauver son budget invitation en grande pompe pour ses clients ! En tout point cette Tuono représente ce que l’on aime dans la production moto moderne. Elle offre des performances, du caractère, un design réussi, un moteur qui retransmet des émotions, elle est aussi facile, mais sait se montrer bestiale quand on veut la cravacher. Accessible aux permis A2, elle n’est jamais frustrante, et on peut vous garantir qu’elle vous filera la banane à chaque sortie, et qu’il ne faudra pas attendre votre spot préféré pour prendre du plaisir à son guidon. Son seul vrai défaut est son tarif : 10 550 € pour une version basique, c’est la fourchette très (trop?) haute de la catégorie. D’autres moto estampillées A2 sont carrément 4000 € en dessous de ce tarif, certes avec une philosophie différente, mais pour un jeune permis, le budget compte… Sa concurrente directe, la Street Triple 660 S se place à seulement 8500 €, même si l’on peut considérer que la sportivité et l’efficacité de l’Anglaise se trouvent un cran en dessous, et que l’Italienne peut se targuer d’une production 100 % sourcée de l’autre côté des Alpes. Un petit comparatif serait intéressant à mettre en place, on va y réfléchir sérieusement !
Le moteur vivantLe design et finition soignésLa vivacité et facilité du châssisL'électronique complète
Aspects pratiques en optionTarif par rapport à la concurrenceFreinage arrière faiblard
Les chiffresPrix10 550 €Puissance70 kW à 10500 tr/min0 à 100km/hN/CConso mixteN/C
Notes de la rédactionMoteur20/20Chassis20/20Look20/20Prix12/20Equipements16/20

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