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Aprilia RS 660

Les photos de l'essai
Aprilia RS 660
20

, publié le 6 février

La nouvelle Aprilia RS660 promet une nouvelle approche sur le segment des moyennes cylindrées : du sport et du fun, sans les contraintes qui y sont généralement rattachées. Réussit-elle son pari ? Essai rapide sur ses terres, en Italie...

Parmi les victimes de la modernité, la catégorie des 600 sportives se pose-là. Modernité des radars automatiques et de la répression à outrance, qui rend difficile l'exploitation d'engins qui s'épanouissent entre 10 et 14000 tr/mn, et de fait, à des vitesses prohibées. Modernité des assurances, qui assomment le pilote en devenir. Et modernité de l'électronique, qui permet au moins aguerri des novices de se prendre pour un Rossi de quartier sur une 1000 sportive moderne de 210 chevaux ou plus ; à condition, évidemment, d'avoir sélectionné le mode « poireau » au tableau de bord, mais ça, ça ne se voit pas à la terrasse du café. Mais, de la même manière que Pénélope n'a jamais renoncé à attendre le retour de son chéri (Ulysse, pas François), Aprilia considère que la 600 sportive, c'est pas mort. Pourtant, les chiffres lui donnent tort : en Europe, le segment des « 550 à 750 cm3 entièrement carénées » a plongé de 40 % entre 2010 et 2019. Aie. Mais un autre chiffre donne espoir : celui des « 250 à 550 cm3 entièrement carénées » a, lui, progressé de 150 %. Voici donc une clientèle à capter, à condition de lui faire la bonne proposition. Et la RS 660 se positionne autrement : plus que les performances ultimes peu exploitables, c'est une sportive de la vraie vie, exploitable au quotidien, agréable sur la route, pas ridicule sur circuit. Elle ne mise pas sur la puissance pure mais prétend jouer sur l'agrément en conditions réelles. Bref : entre la grosse merguez et l'infernale planche de bois, Aprilia prétend avoir placé le curseur au parfait endroit. Ont-ils bien visé ? C'est ce que nous allons découvrir... 

Belle présentation

Le coloris « Acid Gold » de notre modèle d'essai est osé, mais in fine, assez réussi. Dans le monde des sportives, difficile de dire qu'une RSV4 est un laideron, non ? Cette 660 en reprend les lignes et les modernise subtilement, en conservant la signature visuelle des trois optiques avant, et en y ajoutant une belle touche de dynamisme avec ses flancs de carénage échancrés, façon ailerons qui sont là, tout en discrétion. On doit ces lignes à la légende Miguel Galuzzi, aussi père, entre autres, de la Ducati Mostro et aussi de l'Aprilia RSV4. Quant à la finition et à la présentation, elle est sans faute et impose de nouveaux standards dans la catégorie. La RS 660 est le genre de moto que l'on prend plaisir à contempler. Autre point positif, elle est accessible à tous et cela passe tout d'abord par un poids maîtrisé : avec 169 kilos à sec et 183 kilos avec 90 % du plein. De même, l'ergonomie a été soigneusement pensée : les bracelets ne sont pas implantés trop bas, les montants du cadre, au centre de la moto, sont 16 mm plus fins que sur une RSV4, ce qui facilite l'accès à l'entrejambe. Dès lors, les 820 mm de hauteur de selle ne devraient pas être trop discriminants. Dès les premiers tours de roues, force est de constater la bonne tenue des suspensions. Rigoureuses sans être raides, offrant une belle course morte, elles ne transforment pas la RS 660 en planche de fakir, contrairement à ses concurrentes japonaises. La bulle semble aussi apporter un brin de protection. Bref, là encore, la RS 660 prouve le bien fondé de sa conception moins radicale.

Sensations, sans mode d'emploi !

En ville la RS 660 dévoile déjà ses qualités : moteur souple, commandes douces, rayon de braquage qui n'a rien d'infernal, suspensions conciliantes sur les pavés, ergonomie pas trop alambiquée.... Bref, plutôt des bonnes choses. En revanche, on n'a pas de warning et l'antivol, vous vous le mettez autour du cou, c'est joli... En attendant de la jauger sur la piste avec nombre de ses concurrentes, la RS 660 nous a fait un festival sur la route. Côté moteur on aime : la disponibilité, la vivacité, le couple, et une jolie vigueur entre 7 et 11000 tr/mn, de quoi se faire plaisir et accessoirement perdre tous ses points ainsi que ceux de toute la famille. Toutefois, même en mode balade, elle sait donner du plaisir, le twin ronronnant sans forcer à 3500 tr/mn à 90 km/h (et à un peu plus de 5500 sur le dernier rapport à 130 km/h), le tout sans vibrations dans les guidons, les repose-pieds, ni de résonnances parasites. Une pure routière, avec son régulateur de vitesse de série ? Y'a un peu de cela, et pour une moto à vocation sportive, le grand écart mérite d'être signalé. Au besoin, Aprilia annonce la vitesse de pointe à environ 240 km/h. En roulant à un rythme raisonnable, mais pas trop touristique non plus, la consommation s'affichait sur l'ordinateur de bord à un poil plus de 5 l/100, de quoi viser quasiment les 300 kilomètres d'autonomie. Et sinon, l'équilibre du châssis, le côté conciliant, voire confortable, des suspensions, la neutralité de la direction, la facilité de conduite, tout va bien. Pour pencher, c'est comme vous voulez : un coup de contre-braquage, un appui sur les repose-pieds, un hochement de la tête, et hop, la RS 660 va où vous visez ; avec elle, difficile de rater une trajectoire. Contrairement à d'autres, elle ne souffre pas d'excès de rigidité et accepte plusieurs styles de conduite avec la même bonhommie. Les Pirelli Diablo Rosso Corsa II sont plutôt rassurants, mais ils demandent d'être bien chauffés avant de donner le meilleur d'eux-mêmes.

Moyenne en cylindrée, top en équipements !

Tableau de bord et commodos, tout est nouveau. Et là aussi, c'est bien pensé. Le tableau de bord TFT couleur est lisible, riche en informations, et possède un affichage contrasté jour / nuit, avec réglage de l'intensité sur 10 niveaux. L'indicateur de rapport engagé est très facile à voir, le compte-tours par baregraphe un peu moins précisément, mais on sait globalement toujours on l'on se trouve. Côté commodo, c'est assez intuitif là aussi. Au niveau du freinage, Brembo s'occupe de tout avec des étriers radiaux à l'avant, pincés par un maître-cylindre lui aussi radial. Du bon matos, même si Aprilia n'a pas dégainé le top de l'artillerie, genre M50 ou Stylema. En même temps, vu le poids de l'engin, et la puissance, somme toute modeste, ça fait carrément le job. L'attaque n'est toutefois pas trop violente, pas comme sur certaines hyper-sportives concurrentes, la puissance vient ensuite rapidement en fonction de la pression au levier. L'ABS n'est pas trop sensible, mais le frein arrière est en revanche un peu faiblard en puissance de ralentissement... Enfin, cette machine est résolument moderne et se dote d'un package électronique que ne renierait pas une superbike de la catégorie du dessus. En gros, on a : 3 cartographies moteur, 3 niveaux de frein moteur, 3 niveaux de sensibilité de l'ABS Corner, la déconnection éventuelle de l'anti-wheeling. Pas mal, non ? Le tout est déjà pré-réglé dans quatre modes de conduite : Commute et Dynamic pour la route, Challenge et Time Attack pour la piste (avec affichage différencié au tableau de bord, puisque l'on peut avoir un chrono), tandis que le mode Individual permet de se faire sa propre sauce. A ce niveau de cylindrée, une telle sophistication est tout simplement inédite. 

Avis de la rédaction sur Aprilia RS 660
18.4/20
11000 € une petite 600 avec un bicylindre en ligne, ils sont pas tombés sur la tête, ma brave dame, les gens d'Aprilia ? Eh bien non, car cette RS 660 est, dans les conditions de cet essai qui n'a pas la prétention d'être complet, une vraie réussite. Effectivement, elle ringardise les 600 pure sportives japonaises, par une technologie de pointe et une électronique bien calibrée. De plus, on a du mal à lui chercher des concurrentes : les Kawasaki Ninja 650 et Honda CBR 650 RR n'ont pas le niveau, étant de gentils roadsters en survêtement, toutes deux sympathiques, mais l'une un brin poussive et l'autre un peu placide. En face, ZX-6R et R6 mettent en avant un surcroît de puissance, mais à des régimes stratosphériques. De fait, le positionnement et la philosophie de la RS 660 prennent tout leur sens sur la route et force est d'admettre qu'à l'usage, sur la route, dans la vraie vie, au quotidien comme pour se faire plaisir, elle est carrément à sa place, séduit par ses sensations, sa facilité et son efficacité, et donne la banane. Entre planche de fakir et pure merguez, la RS 660 a su trouver le juste milieu que l'on n'imaginait pas possible, puisqu'aucune machine n'avait réussi cela avant elle. De fait, c'est une vraie RS, bien dans la lignée. Certes moins radicale que ses devancières, elle apporte toutefois quelque chose de frais et de différent, à l'image des RS 50, 125 et 250 du tout début des années 90, de la RSV Mille de 1998 ou encore de la RSV4 de 2009. La RS 660 est bien née et a tout pour séduire. Et elle annonce de belles choses : Tuono 660, Tuareg ou Caponord 660, on attend la suite avec gourmandise !
Look très sympaPalette variée de colorisMoteur vraiment réussiSonorité agréableLégèretéErgonomie pas trop radicaleFacilité de conduitePlaisir de conduiteVersion A2 possibleElectronique de pointeConfort très correctTableau de bord TFT complet et lisible
Tarif par rapport à la cylindréeMais bon...Frein arrière un peu faiblardDuo masochisteForcément
Les chiffresPrix11 050 €Puissance73,5 kW à 10500 tr/min0 à 100km/hN/CConso mixteN/C
Notes de la rédactionMoteur20/20Chassis20/20Look20/20Prix12/20Equipements20/20

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