Salon de la moto à Paris : ce sera en 2018, avec l'auto !

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 Le salon de Lyon prouve que Paris n\

Le salon de Lyon prouve que Paris n'est pas toujours une fête

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publié le 21 mars

Un salon auto-moto, l'urgence et la résurgence C'est insensé quelque part... La France est le premier marché européen de la moto et n'arrive plus à organiser son salon dédié aux deux-roues motorisés à Paris ! On rappelle qu'à partir de 1993 le marché moto et son salon ont réussi à se libérer de son grand frère automobile, et la communauté des motards, déjà équipés ou voulant l'être, était aux anges. Et puis...

Histoire d'une descente aux enfers Et puis, il y a eu la crise, en 2009, le salon n'a pas lieu, alors que Milan est maintenu. Si bien que l'on ne revient à Paris qu'en 2011. Comme c'est un salon qui a lieu tous les deux ans, en 2015 on en était au dixième, ce qui fait peu en fait.

Un stand au salon de Paris coûtant une blinde, certaines marques ont décidé de quitter ce salon, estimant trouver des systèmes de présentation (internet au hasard...) et de vente de leurs modèles sans casser la moitié du budget annuel de promotion sur un stand Porte de Versailles.

D'autres marques ont aussi pensé que les nouveaux clients (et les nouvelles clientes) ne viendraient pas les voir sur un salon d'initiés, alors on s'est tourné vers des opérations de communication dans les magazines féminins, bref tout fiche le camp et dans tous les sens et le bilan est que le Mondial de la moto et du scooter de Paris 2017 n'aura pas lieu.

Il est vrai que l'endroit est devenu franchement moche, étriqué.

Les animations ont royalement trois mètres carrés pour s'organiser, ce n'est pas un salon de vente et donc les coûts ne peuvent pas être amortis.

« Last but not the least » : pas d'essais possibles puisque la ville de Paris, c'est complètement con mais c'est comme ça, a une politique résolument anti deux-roues motorisés, c'est pourtant la seule vraie arme de mobilité urbaine aujourd'hui...

Le salon, le retour ? Il a donc été question d'organiser un salon au Bourget. Avantage, il y a de la place pour les essais, et étant à priori organisé au printemps, juste avant les arrivées en concessions, on pouvait y faire de la vente.

Sachant aussi qu'avant, Milan et Cologne avaient présenté toutes les nouveautés, Paris devenait un salon de clients, la presse ayant vu les nouveautés ailleurs et les ayant probablement déjà essayées, le choix du client était à priori facilité.

Inconvénient, le Bourget, pour les exposants, c'est encore extrêmement cher. Et les essais nécessitent en plus une organisation opérationnelle et de maintenance importante. J'ajoute à titre personnel que pour avoir été exposant de notre avion de records « Big Frog » au salon aéronautique du Bourget, il y avait chaque jour une queue de voitures bloquées qui commençait sur les périfs le matin, et idem le soir dans l'autre sens. 

Vive le sooter d'ailleurs, qu'il pleuve ou qu'il vente...

Bref le Bourget out. Sur ce j'ai donc enquêté...  

Le salon retrouve son grand frère auto Eric de Seynes, boss de Yamaha Europe, m'appelle un matin, pour moi qui bosse la nuit depuis des lustres c'est l'aube, il est dans l'avion pour Genève et a donc quelques minutes pour me parler, ce qu'il me dit est intéressant et l'ouverture de mon rideau cervical matinal se fait à toute vitesse.

Qui achète des motos ?

Qui sont les clients potentiels ?

On cherche sur un salon propre à attirer trois types de clientèle très différents.  

-         Les experts, autrement dit les initiés, ceux qui pratiquent la moto, ceux qui viennent de décider d'acheter, de changer d'engin etc.

-         Les nouveaux clients, ceux et surtout celles qui n'iront à priori pas sur un salon de la moto à l'image un peu communautaire, un monde d'adoration, de cuir et de fureur. Même si cette image est une connerie, un vendeur doit faire avec et tenter d'amener ces nouveaux clients à monter en selle autrement que par la chair de poule.

-         Les permis dormants, autrement dit des gens qui ont le permis moto et ne pratiquent plus, parce qu'un moment, le plaisir ou l'utilité ont disparu...

Par ailleurs, les constructeurs et importateurs n'ont pas tous la même vision du marché, certains sont généralistes, à l'image de Yamaha qui va du scooter 50 cm3 au bolide à 25 000 € en passant par les roadsters, les motos de TT pures et dures, les trails, les voyageuses, les scooters de luxe, les maxi scooters, les quads, etc.

D'autres sont spécialisés dans les machines au look sportif mais viennent à des modèles plus light et au design rétro, un peu comme Ducati et ses Scramblers, ils vont vers la ligne généraliste mais n'y sont pas totalement.

Cela dit le Scrambler est une réponse au binz généralisé qu'est la circulation en ville, tout comme les tentatives de boîtes archi spécialisées comme Harley d'aller vers des motos plus légères, fabriquées en Inde pour alléger aussi les prix. On voit aussi BMW ex spécialiste de la grosse cylindrée se mettre au scooter (haut de gamme quand même) mais voilà les cibles de toutes ces boîtes ne sont pas exactement identiques.

Eric de Seynes me dit à quel point lui et JCO, alias Jean-Claude Olivier, un des pionniers de la moto japonaise en France, étaient heureux d'avoir leur salon à eux les motards, et qu'il aimerait en revenir à cette solution là...

Mais encore une fois, les importateurs et constructeurs, qui se retrouveront en réunion plénière avec AMC, l'organisateur de la Porte de Versailles mi mars, doivent essayer de trouver une voie commune.

Il y a une idée, qui n'a pas été suivie, de monter des salons régionaux, Paris aurait été la halte centrale, enchaînant Lille, Paris, Lyon et Marseille, mais cela n'a pas été retenu non plus...

Une solution existe quand même aujourd'hui : le salon de la moto sera dans un hall dédié à l'occasion du salon de l'auto 2018.

Retour à la case départ ! Il est certain, me dit Jean-Claude Girot, commissaire général du salon, que cela permettrait de bénéficier du million de visiteurs du salon de l'auto, en sachant que les stands auto qui possèdent des marques de motos portant le même nom, Peugeot, BMW, Honda, Suzuki, ou pas le même nom, Ducati/Audi, pourront montrer quelques modèles de leur gamme moto sur leurs stands automobiles, mais ce ne seront que des show rooms avec renvoi sur les vrais stands, regroupés dans un même hall.

Le numéro du hall dédié à la moto n'a pas été décidé (on espère ne pas se retrouver loin façon ghetto).

Avantage me dit aussi Jean-Claude, ce salon de Paris aura lieu avant Milan (l'Eicma, début novembre), le lieu qui a finalement cassé les autres salons européens en dévoilant la quasi-totalité des nouveaux modèles, en plus ce salon italien est annuel... Mais inconvénient, il aura lieu en même temps que Cologne (Intermot, début octobre), le salon allemand qui a lieu aussi tous les deux ans. Où seront les nouveautés, à Cologne ou à Paris ?

Précision à titre individuel, c'est un b... énorme où il est très difficile de bosser, en plus tous les sites et tous les journaux y font des milliers de vidéos, toutes identiques, mal éclairées, des trucs d'amateurs quoi... Motoservices l'a fait mais se rend compte que c'est un empilage sans sélection de toutes les nouveautés au même moment dans toute la presse, la formule est à revoir... On y réfléchit, fort et bien.

Retour à la Porte de Versailles...

Du coup, les fameux permis dormants et la nouvelle clientèle peuvent être attirés par la formule de salon auto/moto, il est vrai que la mobilité du deux-roues est une vraie alternative à l'auto, bref la moto et le scooter sont largement sortis de leurs limites communautaires. Il n'y a que ces ayatollahs de la Mairie de Paris pour nier le fait...

Si cela marche, Jean-Claude Girod y voit une solution pérenne. Et donc rendez-vous après le salon 2018, le salon de l'auto a lieu une fois tous les deux ans.

Eric de Seynes a quelques réticences sur cette formule.

D'abord, on sait que les constructeurs et importateurs cherchent à limiter les coûts, or le salon de l'auto dure une semaine de plus que le défunt salon de la moto. Certains vont donc y voir une sorte de frein...

On imagine mal la partie moto fermer alors qu'autour des centaines de milliers de visiteurs cherchent la bonne idée...

Par ailleurs, ce salon n'aurait pas forcément la cote auprès du marché des experts, qui préfèrent être chez eux et entre eux. Ils y seront cela dit, mais c'est sûr que ce sera un seul hall parmi tous ceux de l'auto... Moins sexy...

Autrement dit, la Porte de Versailles c'est un peu un truc de connivence, un accord a minima...

Bon, on fait avec alors ?

Solutions alternatives On fait avec, Paris mérite ce salon, le marché français mérite un triomphe.

Il reste évidemment la possibilité de ces salons régionaux, à Lyon par exemple, qui aura lieu en mars, à Eurexpo qui est un endroit énorme, certes à dache du centre mais il semble que la combinaison tram/navette prenne trente minutes à partir de la gare TGV de la Part Dieu.

Les coûts sont moindres, la situation de la ville est au centre du pays, très facile à toucher depuis le sud, depuis Paris, et on est dans une région urbaine énorme.

Comme il y a de la place, les animations sont à l'aise, on y organise un enduro, et un espace entièrement dédié au TT...

Un complément à Paris... Il y en a d'autres d'ailleurs dans le sud, Montpellier, Marseille, Cagnes sur Mer, dans l'ouest à Bordeaux, St Brieuc, dans le nord à Pecquencourt.  

On va aussi retrouver Paris face à Cologne...

Ceci pour les gens qui habitent le nord.

Pecquencourt sera plus près...

Paris sera toujours Paris

Bien sûr, Paris a un avantage, c'est la ville lumière, là où depuis les Romains tout se fait en Gaule/France.

Il reste que ce sera le salon le plus complet, le pus grand, le plus fréquenté.

Je ne dirai pas le plus beau, ne connaissant pas tous les autres, mais le plus célèbre certainement.

Reste la question : va-t-on y vendre assez de notoriété, assez d'envie, assez de motos et de scooters pour que l'opération soit rentable d'abord, pérenne ensuite ?

Je l'ai dit on le mérite.

Réponse dans un an et demi, on a le temps de trouver les idées qui en feront un triomphe...

 
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