Nouvel examen du code de la route : le crash d'une réforme

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 Le crash d'une réforme. Les nouvelles questions de l'examen du code de la route intègrent désormais des questions sur les nouvelles technologies.

Le crash d'une réforme. Les nouvelles questions de l'examen du code de la route intègrent désormais des questions sur les nouvelles technologies.

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publié le 24 mai

La Délégation à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) annonçait le 4 mai que le nouvel examen du Code de la route allait être "adapté" en raison du fort taux d'échec à l'épreuve, deux jours seulement après sa mise en application. Les questions au taux de réussite le plus bas vont être retirées provisoirement...

Réformer, c'est bien. Encore faut-il le faire avec pragmatisme et discernement, en envisageant par exemple une phase de test pour confirmer que la réforme en question est bel et bien adaptée et que tout fonctionne sans problème. C'est peut-être encore plus vrai lorsqu'il s'agit de réformes "pratiques" dont on peut relativement facilement et immédiatement constater les effets et qui ne nécessitent pas d'expérimentation sur le long terme.

Là, il est presque inexcusable de ne pas se prémunir d'éventuels cafouillages. Les candidats au nouvel examen du Code de la route viennent de faire les frais du manque d'empirisme qui semble caractériser le réformisme à la française. L'affaire du jour pourrait juste faire rire si elle ne mettait pas en lumière la légèreté avec laquelle les têtes pensantes qui nous gouvernent, isolées dans leurs hautes sphères et coupées du réel, prennent les décisions, sans envisager leurs conséquences. En particulier dans le domaine de la Sécurité routière.

Préparation insuffisante

Introduire de nouvelles thématiques dans l'examen du Code de la route (notions de secourisme, nouvelles technologies...) suppose bien entendu que les candidats y soient formés. Et c'est là que la bât blesse : visiblement la DSCR a voulu mettre la charrue avant les bœufs, et même les formateurs n'étaient pas vraiment préparés.

La réforme a été annoncée le 17 février et devait être mise en application dès le début du mois d'avril, puis le 18 avril, puis seulement début mai suite à la grogne de plusieurs auto-écoles qui n'estimaient pas avoir le temps nécessaire pour former leurs élèves. Cela n'aura pas suffi, et le 4 mai, deux jours après son entrée en service, la DSCR retire purement et simplement tout un lot de questions, dont non seulement le fond mais aussi la forme pose problème. Le taux de réussite sur une journée était passé de 70 % à 16,5 % ! Le communiqué de presse (voir en fichier joint ci-dessous) précise en effet "qu'elles seront réintroduites progressivement le cas échéant après reformulation au fur et à mesure de la familiarisation des candidats avec la nouvelle approche de l'examen du Code"...

Places d'examen supplémentaires

L'une des "mesures correctives" décidées est " d'appeler l'attention des écoles de conduite et des candidats sur les thématiques qui n'ont manifestement pas été suffisamment révisées ; à cette fin, un courrier sera adressé à l'ensemble des écoles de conduites pour leur faire connaître les éléments résultants de l'analyse des premières épreuves"... Pour cette réforme comme pour tant d'autres, on applique d'abord, on teste après et on essaye de mettre les miettes sous le tapis.

Mais que les candidats malheureux se rassurent, la DSCR va "ouvrir des places d'examens supplémentaires au cours du mois de mai pour permettre aux candidats ayant échoué de pouvoir repasser rapidement, dès qu'ils seront prêts, et toujours gratuitement, l'examen..." La présentation aux examens de conduite est en effet gratuite depuis décembre 2015, mais cela n'aura pas duré longtemps. Avec l'externalisation de l'examen du code à partir du 1er juin, chaque présentation coûtera 30 € au candidat : forcément, il faut bien payer ces nouveaux prestataires. En espérant que cette autre réforme ait bien les résultats escomptés, à savoir réduire le temps d'attente pour passer la conduite en libérant "5 %" du temps de travail des inspecteurs, pour augmenter de 142 000 environ le nombre de présentations à l'examen pratique. Il est encore temps d'en douter.

 
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